‹ Poèmes et sylves, 1886-1896 [microform]Chapitre 23 sur 55 · ÉGLOGUE A MA DAME · texte numérisé non relu

ÉGLOGUE A MA DAME

Afin de bien louer les dons

Où vous avez chevance, Que mon pouce n'a les fredons Des poètes, honneur de la docte Provence !

9<> POÈMES ET STLVES

Ta bouche, sanguin piment, Douce comme le moût de première cuvée,

Veut qu'on la sacre savamment, Ainsi que d'un Arnaud fait la rime approuvée.

Puis il me faut, d'un son et très miguard et coint,

D'une cadence vive, Telle de ce Jaufred que fine amour a point, Vanter tes crêpes crins, couleur d'huile d'olive.

Tes jeux, dorés comme cédrat, — Sagettes et blandice — Clament la pompe et l'apparat Des vers qui, dans le Montferrat, Chantèrent Béatrice.

Pour dire ta grâce et le teint Tien, le plus beau du monde,

Que le bruit de ma voix n'atteint

A ce Guillaume Cabesteint Qui aima Sorismonde !

Mais pour que je me deuille, ainsi que je le doi, De la pitié qui n'est en toi, Il faudra que je creuse Le roseau divin, éclatant, Où le chèvre- pied souffla tant Sa fureur amoureuse.

LE pàLBRIff PASSIONNÉ û3

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