‹ Poèmes et sylves, 1886-1896 [microform]Chapitre 37 sur 55 · I78 POÈMES ET SYLVES · texte numérisé non relu

I78 POÈMES ET SYLVES

Ni la rive abordé 1 de la troyenne proue,

Ni l'ombreuse Tibur, et ni l'heureux coteau

Où, charmé sous la voix du cygne de Mantoue,

Tel la source au cheval parla le Mincio,

Ne surent plaire au cœur des Muses et des Grâces

Ainsi que tu le fais, ô dorée Provence !

Jaufred, Arnaud Daniel

Au style doux comme miel,

Pierre qui sentis la darde

De la belle Nesmengarde,

L'autre Arnaud qui n'eus soûlas

De la Dame de Bourlas,

Bernard, Anselme, Folquelte

Qui capucin te rendis,

Et Raimbaud qui de Phanette

Rimas en Aubes et Dits :

Votre vertu, de l'arbre du Pénée, Aux champs d'Elise soit à jamais couronnée, Aimables provençaux par qui sut bien les sons, Mignardement sonnés, des jeux et des tensons,

En pays champenois, le grand Thibaut, mon maître.

Sur tes grèves conduit paftre Protée encor son troupeau, Provence qui vis naître Et Pontopore et Spéio, Et la belle Galatée, Et Mélite au doux souris, Filles que du dieu Nérée Eut la princesse Doris .

Rivage heureux, si la Parque me file Des jours d'amertume trempés, Alors que les épis stériles Auront mon attente trompé, J'irai vers toi ; à l'heure où la cyprine Vesper ramène la fraîcheur, Couché dessus l'herbe marine, J'appellerai le sort de Glaucque le pêcheur.

JÉNONE AU CLAIR VISAGE ET SYLVES l8l

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