ORE, QUE DESSUS MA TÊTE
Ore, que dessus ma tète, Saturne ennemi tempête ; De ces innocentes mains Clothon, du destin instruite, Qu'active file la suite De mes conforts toujours vains !
Sur le luth je ne dirai, Homme de mauvais courage, Mon ennui, ou d'un outrage Dépit je ne me plaindrai .
Plutôt, d'une ardeur qui passe Thèbes, Àscrée et la Thrace,
iq4 poèmes et stlves
Je sonnerai sons si hauts Que les neuf sœurs étonnées, Fuyant le Pimple et Pénée Et de Pégase les eaux, Feront bruire en la France, Parlantes, dessous ma voix, D'une amoureuse cadence, Les prés, les antres, les bois .
ÉNONE AU CLAIR VISAGE ET SYLVES I g5
ALCINOÛS ET RHODOPE
Que tu montes au ciel douce et brillante, 6 lune,
Ce n'est plus le printemps, c'est l'automne importune !
Le vigoureux été, le printemps florissant
Emportent avec eux mon amour languissant.
Le feuillage est tombé, l'hirondelle est partie,
Ah, viens plus près de moi, Rhodope, je te prie ;
Un zéphyr amoureux, de ta bouche soufflé,
Me fera souvenir des beaux jours de Tété,
Et je pourrai tromper le temps et ma tristesse
En admirant tes seins que hausse la jeunesse.