‹ Poèmes et sylves, 1886-1896 [microform]Chapitre 5 sur 55 · L'INVESTITURE · texte numérisé non relu

L'INVESTITURE

Nous longerons la grille du parc, À Theure où la Grande Ourse décline; Et tu porteras — car je le veux — Parmi les bandeaux de tes cheveux La fleur nommée asphodèle.

Tes yeux regarderont mes yeux, — A l'heure où la grande Ourse décline. — Et mes yeux auront la couleur De la fleur nommée asphodèle.

2 6 POEMES ET STLVES

Tes yeux regarderont mes yeux, Et vacillera tout ton être, Gomme le mythique rocher Vacillait, dit-on, au toucher De la fleur nommée asphodèle.

CHANSON

Les courlis dans les roseaux !

(Faut-il que je vous en parle, Des courlis dans les roseaux ?) O vous joli' Fée des eaux.

Le porcher et les pourceaux!

(Faut-il que je vous en parle, Du porcher et des pourceaux ?) O vous joli 1 Fée des eaux.

M:a ojkxt pris en tos réseaux ( F*ut-îl que je vous eo parle, De moo ocear es tos réseaux ?) O t:-us : oîî* Fée des eaux.

CHANSON

On a marché sur les fleurs au bord de la route, Et le vent d'automne les secoue si fort, en outre.

La malle-poste a renversé la vieille croix au bord de la route, Elle était vraiment si pourrie, en outre.

L'idiot (tu sais) est mort au bord de la route, Et personne ne le pleurera, en outre.

LE PELERIN PASSIONNÉ 3l

CHANSON

Vous, avec vos yeux, avec tes yeux,

Dans la bastille que tu hantes !

Celui qui dormait s'est éveillé

Au tocsin des heures beuglantes.

Il prendra sans doute

Son bâton de route

Dans ses mains aux paumes sanglantes.

Il ira, du tournoi au combat,

A la défaite réciproque ;

Qu'il fende heaumes beaux et si clairs,

Son pennon, qu'il ventéle, est loque !

Le haubert qui lace

Sa poitrine lasse,

Si léger ! il fait qu'il suffoque.

3a POIMKS ET 8YLVES

Ah, que de tes jeax, que de tes pleurs

Aux rémissions tu l'exhortes,

Ah laisse ! tout l'orage a passé

Sur les lys, sur les roses fortes.

Comme un feu de flamme

Ton âme et son âme,

Toutes deux vos âmes sont mortes.

LE PÈLK1UN PASSfOimÉ 33

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