DES PALES MACHABÉES
Depuis Ghoisy-le-Roi jusqu'au pont de Suresnes On les voit lentement flotter au fil de l'eau, Ils ont le teint blafard comme un tronc de bouleau, Leur ventre a le ton bleu des mortelles gangrènes.
Ah! qu'ils sont laids à voir pendant les nuits sereines Alors qu'un hydrogène impur gonfle leur peau Comme un chasselas bien mùr de Fontainebleau... Et l'on entend au loin le doux chant des sirènes!
Ils s'en vont par morceaux et nous les achevons : Des citoyens faisant de longues enjambées Vont les cueillir avec des perches recourbées.
0 vieux fleuve blanchi par l'âge et les savons,
Rejette de ton sein les pâles machabées,
Car cette eau-là, vois-tu, c'est nous qui la buvons!
fM
IJALLA DE