‹ Poèmes incongrusChapitre 15 sur 25 · RONDE · texte numérisé non relu

RONDE

Un soir, à Fontainebleau, Une carpe centenaire, Sortant sa tête de l'eau.

Dit : — C'est extraordinaire, Dites-moi donc qui je vois, Carpillons, carpillonnettes, Dites-moi donc qui je vois Se promener près du bois?

— C'est peut-être un roi puissant Qui vient près de nous, grand'mère, Se reposer en passant

Des fatigues de la guerre !

— Si c'était un puissant roi, Carpillons, carpillonnettes, Si c'était un puissant roi,

Il aurait beau palefroi!

— C'est peut-être un empereur...

Voyez son regard céleste

Et son front plein de candeur, Gomme il est simple et modeste

— Si c'était un empereur, Carpillons, carpillonnettes, Si c'était un empereur !

Il aurait garde d'honneur !

C'est un prince, pour le moins, Favori de la fortune, Il vient ici sans témoins Rêver au clair de la lune !

— Non, car un prince du sang, Carpillons, carpillonnettes.

Non, car un prince du sang Serait d'or éblouissant !

— Plus de prince, d'empereur.

Ni de roi... joie éphémère!

Il est parti, quel malheur !

Le reverrons-nous, grand'mère?

— Ne vous désolez pas tant, Carpillons, carpillonnettes.

Ne vous désolez pas tant, Car c'est notre président!

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