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MARCHE DES SCOLAIRES

Air : Il était une fois quatr' hommes.

Il était un' fois quat' mioches Conduits par un caporal.

C'était l'bataillon sans r'proches Des scolaires de Bougival.

L'un mangeait du pain d'épice, Le deuxièm' du chocolat, L'iroisième suçait du réglisse Et l'quatrièm' son p'tit doigt.

El moi, les mains dans mes poches, Je m'disais en voyant ça :

Oh! la! la!

Qu'est-c'qui mouch'ra tous ces mioches!

Oh! la! la!

Qu'est-c'qui mouch'ra ces mioch'-là!

Soudain la troupe héroïque Voit un bout de cigare éteint Qui gisait, mélancolique.

Abandonné du destin.

Tous quatre avec frénésie Tomb' dessus comm' des vautours.

L'premicr dit : « Pas de jalousie, On l'fum'ra chacun son tour. »

Et moi, les mains, etc.

Tout en faisant d'ia fumée.

Ils entrent chez Tmastroquet, L'deuxièm' dit : « C'est ma tournée, Moi j'm'entile un perroquet! »

« Patron, servez-nous du raide, »

Fait i'troisième, un p'tit pâlot; L'quatrièm' dit : « J'intercède Pour un verr' de picolo! »

Et moi, les mains, etc.

Les voilà près d'ia boutique Au grand épicier du coin, Qui faisait d'ia politique A cent pas d'son magasin.

Tout à coup l'premier s'écrie, En montrant un grand baquet :

« C'est d'ia mélass', je l'parie, ^ Mince c'qu'on va s'en flanquer! »

Et moi, les mains, etc.

Saisissant l'moment propice, Ils font semblant d'se cogner Pour fair' sauver la police Qui commence à les lorgner.

Le plus grand, l'ivress' dans l'àme.

Plong' son sabre dans l'tonneau, Y en a deux qui suc' la lame Et deux qui suc' le fourreau.

Et moi, les mains, etc.

« Sapristi, j'ai la colique, Fait l'quatrièm' tout d'un coup; Faut qu'on s'soit trompé d'barrique, C'était pas sucré du tout! »

« Et moi j'ai l'feu dans la tète, J'crois qu'c'était du savon noir ; Faut-il que l'épicier soit béte, Nous allons mourir ce soir! »

Et moi, les mains, etc.

Vint à passer Déroulède,

Il aperçut les gamins

Qui criaient tous quatre : « A l'aide! »

En s'tordant l' ventre à plein' mains.

D'un geste patriotique

Les réchauffant sur son cœur,

Il dit : « Viv' la République, J'ai sauvé qualr" z'électeurs ! »

Et moi. les mains dans mes poches, Je m'disais en voyant ça :

Oh! la! la!

Qu'est-c'qui mouch'ra tous ces mioches!

Oh! la! la!

Uu'est-c'qui mouch'ra ces mioch'-là!

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