‹ Poèmes incongrusChapitre 9 sur 25 · DES DERRIÈRES FROIDS · texte numérisé non relu

DES DERRIÈRES FROIDS

Aux baisers caressants de vos lèvres câlines,

0 femmes, j'ai parfois ranimé mes ardeurs,

En votre chair rosée enfonçant mes canines

J'ai déjeuné d'amour et dîné d'impudeurs

Au fond de vos boudoirs pleins d'exquises odeurs;

Et pourtant, c'est en vain que ma main promenée

Sur vos reins a cherché la chaleur incarnée :

Séjour incombustible ainsi qu'un coffre-fort

Où j'ai trouvé toujours (étrange destinée)

La froideur du derrière, image de la mort !

Explorateur hardi des formes féminines.

Que j'ai doublé de caps et franchi d'équateurs !

J'ai vu des reins maigris par les longues famines

Et d'autres étalant d'étonnantes rondeurs,

Et je jure que tous ont les mêmes froid eurs !

Aussi quand la luxure ardente, irraisonnée,

Dans les chauds soirs d'automne, ou dans la matinée^

Invisible serpent me poursuit et me mord.

Je redoute à l'égal d'une arme empoisonnée

La froideur du derrière, image de la mort !

i\"allez-vous pas bientôt, ù froides mossalines, De vos volcans éteints rallumer les splendeurs? Trop longtemps les frimas qui glacent ces collines Ont prodigué l'onglée à nos doigts maraudeurs Qui s'en vont, des plaisirs légers ambassade ui-s ! Ce qu'il nous faut à nous, viveurs, dont l'hyménée N'a pas encore tari l'àme passionnée, C'est la zone torride et non le pùle nord ! Femmes jeunes, laissez ù la beauté fanée La froideur du derrière, image de la mort !

ENVOI

0 princesse sans cœur, dont pendant une année Je n'ai pu réchauffer le royal périnée, Jetez au feu ces vers qui flamberont bien fort , Pour chasser un moment de votre chair damnée La froideur du derrière, image de la mort !

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