‹ Poèmes populairesChapitre 5 sur 43 · A MON AMI LÉOPOLD F L AMEN G · texte numérisé non relu

A MON AMI LÉOPOLD F L AMEN G

a Holà! toi qui presses le pas, Jeune ouvrier, l'outil au bras, Dis-moi quelle est ta bien-ainiée?

— Ma bien-aimée est une enfant; Klle habite un grenier ; le vent Y descend avec la fumée !

I Elle a seize ans depuis avril ; Mais son cœur est vraiment viril!

Elle est malade, elle toussaille;

Elle est maigre et n'a pas de seins; Seule, entre quatre murs malsains, Je la regarde qui travaille!

a L'aiguille pique jour et nuit; Nul ne pénètre en son réduit; Et moi, je l'aime comme un frère !

Elle veut vivre sans amant, Avec deux oiseaux seulement, Qui gazouillent pour la distraire.

a L'hiver, elle a manque de feu; Sa robe est mince et coûte peu; Fenêtre et porte sont mal closes!

Je l'entends parler quelquefois, Et j'ai peur de sa frêle voix, J'ai peur de ses pommettes roses I

« Les longs travaux ne sont pas gais :

Elle a les yeux bien fatigués;

On devine le mal qui germe I

Et, pour lui rendre la santé

Il lui faudrait, vienne l'été,

Les foins coupés, l'air de la ferme!

« Bon Dieu! je l'épouserais bien!

Elle refuse, ne veut rien, Et me sourit de la fenêtre Elle y paraît comme un lis blanc.

Hier, elle a craché le sang :

Vous êtes médecin, peut-être?... »

a — Holà! toi qui presses le pas, Pâle ouvrier, l'outil au bras, Que devient ta pauvre enrhumée?

• Je vais la voir à l'hôpital!

Le ciel est son pays natal :

Priez Dieu pour ma bien-aimée ' »

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