PREMIER DÉPART
Quand s'entr'ouvrent les yeux ' des marguerites hlanches,
Quand le bourgeon" tremblant palpite au bout des branches,
Quand les lapins frileux^ commencent, le matin,
A sortir du terrier"* pour courir dans le thym-.
Quand les premiers oiseaux chantant leurs chansonnettes
Font, dans le ciel plus pur, vibrer leurs voix plus nettes,
A l'époque où le monde heureux se rajeunit,
Les petits mendiants doivent quitter leur nid.
Ils sortent de la hutte ^ où, comme des marmottes",
Ils ont dormi l'hiver auprès d'un feu de mottes^,
Cependant que la mère attisait le brasier^
Et tressait en chantant des corbillons d'osier'^.
1. Les yeux : le poète désii^-ne ainsi le cœur jaune de la marguerite.