‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 135 sur 312 · PREMIER DÉPART · texte numérisé non relu

PREMIER DÉPART

Quand s'entr'ouvrent les yeux ' des marguerites hlanches,

Quand le bourgeon" tremblant palpite au bout des branches,

Quand les lapins frileux^ commencent, le matin,

A sortir du terrier"* pour courir dans le thym-.

Quand les premiers oiseaux chantant leurs chansonnettes

Font, dans le ciel plus pur, vibrer leurs voix plus nettes,

A l'époque où le monde heureux se rajeunit,

Les petits mendiants doivent quitter leur nid.

Ils sortent de la hutte ^ où, comme des marmottes",

Ils ont dormi l'hiver auprès d'un feu de mottes^,

Cependant que la mère attisait le brasier^

Et tressait en chantant des corbillons d'osier'^.

1. Les yeux : le poète désii^-ne ainsi le cœur jaune de la marguerite.

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