‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 137 sur 312 · Attisait le brasier : excitait le feu · texte numérisé non relu

Attisait le brasier : excitait le feu

10. Corbillons d'osier : petites corbeilles faites avec des tiges d'osier tressées.

l/|4 lA VIE DK i/eNFANT.

(resl à vendre ces i)lancs hocliels' aux verts losan^i^'es^

Qu'ils vont g-ag-ner leur pain, les pauvres petits anges.

Le père est mort depuis quatre mois. La maison

Est trop clière à louer, et, pour cette raison,

La mère chez autrui va devenir servante.

On se retrouvera pour la saison suivante.

Quand on aura gagné quelque argent cet été.

En attendant, chacun s'en va de son côté.

Les petits prennent leur baluchon^ sur l'épaule

Et mettent leurs sabots au bout garni de tôle'^.

Et quand la mère, avec des sanglots dans la voix,

A baisé le dernier une dernière fois.

Ils partent, se tenant par la main, d'un air grave.

L'aîné siffle un refrain pour paraître plus brave;

Mais il sent de gros pleurs lui rouler dans les yeux.

Il ne pleure^a pas; car c'est lui le plus vieux.

Car le long des chemins voici qu'ils sont en marche.

Et l'enfant de douze ans devient un patriarche^.

(Jean Richepin, La Chanson des gueux.

Fasquelie.)

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