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Au j)riii(cinps Dieu dil : a Qu'on rnclle la lahle Pour le petil vei-. » Et le cerisier V^oit verdir partout son tronc respectable, Que, feuille par feuille, enfin par millier, Ses feuilles bientôt couvrent tout entier.
Et le petit ver, qui dormait encore.
S'éveille et se met à manger gaîment.
Sa bouche travaille. Oli ! comme il dévore! (( Que c'est bon, dit-il (il est si gourmand !), On en mangerait éternellement ! »
Alors le bon Dieu dit : « Çà', pour l'abeille. Qu'on mette la table! » Et l'arbre fleurit. Blanc d'une blancheur fraîche et sans pareille... Fleurs sur fleurs partout... C'est une merveille.. Dans ses mille fleurs le printemps sourit.
L'abeille l'a vu, de loin, dès l'aurore; Le premier rayon du jour l'y conduit.
<( Allons boire! allons! dit son vol sonore. Oh ! la liqueur fraîche^ ! Et comme elle luit Dans la coupe en fleur que le soleil dore. »
I . Çà : interjection, qui, comme « or rà », invite à agir avec rapidité.
•2. La liqueur fraîche : c'est le suc des fleurs.
LK MOMU; I)i:S PLANTKS. 1 ()()
\j\Hc \i(Mi(, Dieu dit : « Mes oiscjuix oui l'aiin ; Pour roiscau, vovons, (ju'on ineKc la (al)le! El sous mille IViiils Taphrcî plie culiu... La cerise esl rou^e, elle esl déleelable ', » Et l'oiseau la |)i(|ue avec son bec (in !
« Oli ! oh! d'il l'oiseau, les belles cerises!... » Et de l'une à l'aulre il va voletant.
(( Cix me rend la force, elles sont exquises, Je sentais mon cœur faiblir en chantant... »
El le bon IJieu dit, un matin d'automne : « Erdevez la table! » El le vent accourt, Va vent de montagne, au bruit monotone... La feuille jaunit, tombe et tourbillonne... Le jour qui s'en va reviendra plus court.
Et le bon Dieu dit : <( Couvrez ce qui l'esle ! » Et voici la neig"e... Adieu les semis'! Adieu la verdure et le bleu céleste!
Sous le tapis blanc (jue l'hiver a mis Tous les cerisiers se sont endormis.
(Jean Aicard, Le livre des petits. Delagrave.)