‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 166 sur 312 · LA LIMACE · texte numérisé non relu

LA LIMACE

Je glisse avec lenleur el, dans mes promenades,

Je galonné d'arg-enl ' les placides^ salades;

Je me prélasse' aux plis de leurs feuilles, le soir,

Pleine d'aise, sous l'eau que verse l'arrosoir.

Les gouttes, sous mon poids, roulent en lourdes houles.

Quel bonheur! mais je crains d'être jetée aux poules,

Si je ne fuis les doigts terreux'^ du jardinier.

La nuit, je règne en paix dans l'enclos^ printanier.

Les salades toujours sont là. Visqueuse^ et brune,

Je les brode '^ el je les découpe au clair de lune.

Me hissant sur les choux pleins de perles^, je vais

Traîner nîcs fds de bave au fond de leurs cœurs frais.

I . Je gaionne d'argent : il s'ag-lt de la traînée longue el étroite

<jie laisse la bave de la limace.

•2. Placides : paisibles.

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