‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 219 sur 312 · AUMONE · texte numérisé non relu

AUMONE

Une bonne passa, qui lenail un enfant.

Je crus m'apercevoir que le pauvre innocent^ Avait dans ses grands yeux quelque mélancolie. Ayant toujours aimé cet âge à la folie,

Et ne pouvant souffrir de le voir maltraité,

Je fus à la rencontre, et m'enquis^ de la bonne

Quel motif de colère ou de sévérité

Avait du chérubin ^ dérobé la gaîté.

« Quoiqu'il ait fait d'abord, je veux qu'on lui pardonne,

Lui dis-je, et ce qu'il veut, je veux qu'on le lui donne. »

(C'est mon opinion de gâter les enfants.)

Le marmot là-dessus, m'accueillant d'un sourire.

D'abord à me répondre hésita quelque temps ;

Puis il tendit la main et finit par me dire :

« Qu'il n'avait pas de quoi donner aux mendiants. »

Le ton dont il le dit, je ne peux pas l'écrire.

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