‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 229 sur 312 · La livrée : les domestiques · texte numérisé non relu

La livrée : les domestiques

4. Peignent : ce mot dépeint le mouvement du râteau, analogue à celui d'un pei2:ne.

5. Tu possèdes pour eux : le vrai possesseur du jardin n'est pas le maître, qui l'a acheté ou qui en a hérité, mais le jardinier, qui, lui du moins, en apprécie la beauté et le charme.

258 LA DKCOUVKRTi: DU MONDK.

Ici nul mieux (juc; toi ne connaît le métier,

Habile à j^ouverner la serre' et le fruitier^,

Apte aux travaux iny^rats comme aux soins poétiques,

Egalement excjuis dans toul(\s les prati(jues^

Du maître jardinier, par qui les Horaisons"^

Alternent avec art de saisons en saisons,

Jusqu'à ce que l'hiver, eiï'euillant nos corbeilles 5,

Dans la ruche muette enciorme les abeilles.

Avec cela, jamais dans la simplicités^

Tu n'as laissé la bêche oisive. Il t'est resté,

Du temps où tu n'étais (pi'un travailleur de terre.

Un besoin de piocher, peut-être héréditaire''.

Et qui fait qu'en été tu sautes de ton lit

A l'heure blanche où l'aube au fond du ciel pâlit,

Lorsque les nids, sentant la fraîcheur des rosées.

Réveillent leurs chansons par la nuit reposées.

Tranquille alors, tout seul dans ton cjin préféré.

Tu bêches. Le jardin, lentement coloré

Par le jour qui se lève et sa lueur croissante.

S'anime autour de toi d'une vie innocente.

1. Serre : Heu couvert où Ton met les phintes à l'abri du froid.

Page 1