‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 239 sur 312 · MARCMAXDE DES RUES · texte numérisé non relu

MARCMAXDE DES RUES

(fha(;mknt.)

C'esl ce malin avant le jour Que la vieille a l'ail son lour.

Elle a marché deux ou trois lieues Hors du faubourg-, dans les banlieues, Jusqu'à Clamart ^ ou jusqu'à Sceaux.

Elle est bien lasse sous sa hotte"!

Et l'on ne vend qu'un sou la jjotte Du mouron^ poiu' les p' tifs oiseaux.

Les petits^, trouvant le temps long-, Traînent, en allant, leur talon.

La sœur fait la g-rimace au frère Qui, sans la voir, pour se distraire, Trempe ses pieds dans les ruisseaux, Tandis qu'au cinquième^ peut-être, On demande par la fenêtre Du mouron pour les p'tits oiseaux.

1 . Clamart, Sceaux : deux petites localités des environs de Paris.

2. Hotte : panier d'osier qu'on porte sur le dos à l'aide de bretelles.

3. Mouron : petite plante qui sert à la nourriture des oiseaux.

4. Les petits : les enfants qui accompao-nent la vieille. T). Au cinquième : au cinquième étaoe d'une maison.

Li:S TRAVAILLEURS. 2()()

IMais la grand ni ôro a vu cela; Un son par-ci, deux sous par là !

C'est elle encor, la pauvre vieille, Qui le mieux des trois tend l'oreille, Et dont les jambes en fuseaux ', Quand à mouler (juelqu'un l'invile, Savent apporter le plus vite Du mouron pour les p'tits oiseaux.

Un sou par-là, deux sous par-ci !

La bonne femme dit merci.

C'est avec les gros sous de cuivre Que l'on achète de quoi vivre, Et qu'elle, la peau sur les os, Peut donner, à l'heure où l'on dîne, A son bambin, à sa bambine.

Du mouron pour les ptits oiseaux.

(Jean Richepin, La Chanson des Gueu.r.

Fasquelle.)

I. Jambes en fuseaux : ayant la forme de fuseaux, minces et allono-ëes.

2'jo [la découverte du :m()M)i:.

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