‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 241 sur 312 · Aire : voir page i49j note · texte numérisé non relu

Aire : voir page i49j note

6. Dans l'abîme : la mer toute noire pendant la nuit est comme ■un gouffre.

LES T1\A\ AILLi:UHS. 27 I

Dans les brisants', parmi les lames" en démence-^,

L'endroit bon à la pèche, et, sur la mer immense,

Le lieu mobile, obscnr, capricieux, changeant,

Où se plaît le poisson aux nayi^eoires d'argent.

Ce n'est qu'un point; c'est grand deux fois comme la chambre,

Or, la nuit, dans l'ondée^ et la brume^, en décembre.

Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant,

Comme il faut calculer la marée ^ et le vent!

Comme il faut combiner sûrement les manœuvres^!

Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres;

Le gouffre roule et toid ses plis démesurés.

Et fait râler ^ d'horreur les agrès ^ effarés '°.

Lui songe à sa Jeannie^', au sein des mers glacées,

Et Jeannie en pleurant l'appelle; et leurs pensées

Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du cœur.

Victor Hugo, Extrait des Pauvres (jens, Légende des siècles. Hetzel.)

Page 1