MA MAISON
Ma maison sur le flanc du coteau, blanche et verte, Ret^arde les soleils levants. Sa porte, ouverte Comme par iin sourire afYable', dit : « Entrez! » On ne sait de rjuel jour interne pénétrés, Les carreaux de ses deux fenêtres ont des flammes Douces, comme ces yeux qui révèlent des âmes. Sa toiture est d'ardoise; on la voit de très loin, Bleue et coquette, avec un vase à chaque coin, Vase de terre, où s'ouvre une âpre' plante grasse. Les sentiers du jardin circulent avec grâce. Nettement limités de fraisiers ou de buis. Le jour, sous les tilleuls, est très doux. Peu de bruits. Beaucoup de fleurs : jasmins, tulipes, chèvrefeuille. Tout est propre, riant, rangé. La errille accueille. Le soir, dans son cristal calme, sous le rideau Des arbres, un bassin où s'est tu le jet d'eau Reflète, entre ses bords de luzerne et de menthes, La lune aux cieux nageant, cygne des nuits dormantes.