G. — LE COUCHER D'UN ENFANT
« Couchez-vous, petit Paul ! Il pleut ; c'est nuit; c'est l'heure Les loups sont au rempart', le chien vient d'aboyer; La cloche a dit : Dormez! et l'ange i^ardien^ pleure, Ouand les enfants si tard font du bruit au foyer -\ n
— (( Je ne veux pas toujours aller dormir! et j'aime A faire élinceler mon sabre au feu du soir; Et je tuerai les loups; je les tuerai moi-même. » Et le petit méchant, tour nu, vint se rasseoir...
La lune qui s'enfuit toute paie et fâchée Dit : Quel est cet enfant qui ne dort pas encor? Dans son lit de nuage elle est déjà couchée, Au fond d'un cercle noir la voilà qui s'endort.
Le petit mendiant perdu seul à cette heure, Rôdant "^ avec ses pieds las et froids, doux martyr^ ! Dans la rue isolée où sa misère pleure, Mon Dieu! qu'il aimerait un lit pour s'y blottir*^!