‹ Poèmes pour l'enfanceChapitre 59 sur 312 · MA CHIEiNNE · texte numérisé non relu

MA CHIEiNNE

Ma chienne, la Choug"na, n'est pas, certe, une bêlef

Nous rentrons. Sous mes mains fourrant' sa grosse tête,,

Elle sent un sermon" venir, et se tient coi^.

Je la prends par l'oreille, et je lui dis : — Pourquoi

Te comportes-tu^ mal, Chougna, devant le monde?

Pourquoi, quand nous sortons, — il faut que je te gronde î

Cours-tu, jappant^, hurlant, à travers les buissons.

Après les jeunes chiens et les petits garçons?

Pourquoi ne vois-lu pas un coq sans le poursuivre ?

Si bien que, moi, j'ai l'air d'avoir une chienne ivre^l

Cela nous fait mal voir"^, les gens sont irrités.

Je te connais beaucoup de bonnes qualités.

Fidèle, réservée^, intelligente, affable^;

Mais vraiment, quand tu sors, tu n'es pas raisonnable.

(Victor Hugo.)

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