LE DEPART POUR L'ECOLE
« C'est riieure de la classe, a dit la mère, en route ! » Les yeux pleins de sommeil, les petits écoliers S'habillent à tâtons', mettant leurs gros souliers... Et les voilà partis, grignotant^ une croûte.
Qu'il fait froid, ce matin! Les arbres, en déroute^, Se courbent sous le vent qui ciiigle''^ les halliers^; Et la neige, poudrant^ les sillons réguliers, S'attarde sur la terre et la recouvre toute.
Oui! l'école est bien loin et l'hiver est bien dur! Marchez, pourtant, marchez d'un pas vaillant et sûr, Enfants, vers le Devoir, le Travail, l'Espérance...
Chacun, pour le pays, doit peiner à son tour... Marchez vers le Savoir; car vous serez, un jour^ Humbles petits cerveaux, le cerveau de la France !
(Jacques Normand, Les Visions sincères.
Calmann-Lévy.)
1. A tâtons : avec des gestes incertains (non parce qu'on n'y voit pas, mais parce que les yeux des enfants sont encore mal ouverts).