LA BULLE
Balhylle, dans la cour où i:;"Ioussc ' la volaille, Sur l'ccuelle' penché, souffle dans une paille; L'eau savonneuse mousse et bouillonne à grand hruil, Et déhorde. L'enfant, qui s'épuise sans fruit ^, Sent venir à sa bouche une âcreté"^ saline. Plus heureuse, une bulle à la fin se dessine, Et, conduite avec art, s'allonge, se distend Et s'arrondit, enfin, en un globe éclatant. L'enfant souffle toujours; elle s'accroît encore; Elle a les cent couleurs dn prisme^ et de l'aurore. Et reflète aux parois de son mince cristal^ Les arbres, la maison, la route et le cheval... Prête à se détacher, merveilleuse, elle brille! L'enfant retient son souffle, et voici qu'elle oscille'. Et monte doucement, vert {)âle et rose clair, Comme un frêle prodige étincelant dans l'air!
(Albert Samain, AihX Jlancs du vase. Société du Mercure de France.)
I. Glousse : ce mot désigne le cri de la poule qui veut couver ou qui appelle ses petits.
•2. Écuelle : vase creux.