‹ Poèmes sacrés. [Edité] par l'abbé Joseph BonnetChapitre 23 sur 107 · ET LE PROPHÈTE FAIT UNE DESCRIPTION DE L'IMPIE · texte numérisé non relu

ET LE PROPHÈTE FAIT UNE DESCRIPTION DE L'IMPIE

Le fou, dans le fond de son cœur (1), Ne connaît point (2) le Dieu dont (3) il a reçu l'être, Créature, il voudrait nier son , Créateur : N'est-il pas insensé de ne pas le connaître?

Les hommes, dans leurs faux désirs, Se sont tous corrompus; tous sont abominables, Loin qu'à faire le bien ils mettent leurs plaisirs. Tous, jusques au dernier, je les trouve coupables.

Dieu baisse ses yeux éternels; Il s'approche de nous (4) d'un cœur bon, d'un cœur tendre, Et cherche s'il en est entre tous les mortels Qui le veuillent aimer, le connaître et l'entendre.

Mais du droit che^min détournés.

Tous sont à le servir languissants (5), inutiles; A pratiquer le bien loin de s'être adonnés, Tous sont jusqu'au dernier à le faire indociles.

1. Britannicus, 1677 : Dans le fond de ton cœur, je sais qae tu me hais.

2. C'est-à-dire : ne reconnaît point, comme dans Esther, 643 :

Ne connaissez-vous pas la voix de votre époux?

3. Port-Royal : Deux Pères de l'Eglise, dont sa seconde proposition était tirée.

4. Alexandre, 380 : Tout ce qui l'ewpèchait de s'approcher de vous.

5. Bajazet, 1159 : Echauffant par mes pleurs ses soins trop lafiguissants.

Leurs gosiers vastes et profonds Sont d'un sépulcre ouvert la détestable image; Et des mortels aspics les funestes poisons De leur langue maligne enveniment la rage.

Leur bouche distille à longs traits Le fiel de leur amère et lâche médisance; Faut-il verser du sang? On les voit toujours prêts. Et d'un agile pied courir à la vengeance.

Partout où se portent leurs pas, Ils traînent le malheur et la pâle tristesse (1); La douce paix du cœur n'a point pour eux d'appas (2), Et la crainte de Dieu jamais ne les redresse.

Ces artisans d'iniquité Ne veulent-ils donc point, Seigneur, te reconnaître? Ils dévorent ton peuple avec avidité.

Comme ils mangent le pain dont ils vont se repaître.

Attachés au monde trompeur, Leurs cœurs à t' invoquer ^e peuvent se contraindre; Et tu les vois, troublés d'une fausse terreur. Craindre frivolement ce qui n'est point à craindre.

Mais ton bras est l'appui certain De qui marche (3) vers toi dans la droite innocence; L'impie a confondu le pauvre en son dessein, Le pauvre qui mettait en Dieu sa confiance.

1. Andromaque, 1636 : Quels démons, quels serpents traîne-telle après soil Phèdre, 1280 : Minos juge aux enfers tous les pâles humains.

2. Thébaïde, 114 : ... Le crime tout seul a pour vous des appas.

3. Alhalie, 1263 : Voici qui vous dira les volontés des cieux.

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Dieu d'Israël, fais de Sioii Descendre le salut que ta main nous envoie De ton peuple chéri finis l'oppression, Et le sang de Jacob (1) tressaillira de joie.

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