‹ Poèmes sacrés. [Edité] par l'abbé Joseph BonnetChapitre 82 sur 107 · AUPRES DU ROI · texte numérisé non relu

AUPRES DU ROI

Contre l'embûche qu'on me trame Ma seule confiance est au Dieu que je sers;

Pécheurs, pourquoi dire à mon âme :

Fuis comme un passereau, fuis dans les monts déserts?

Du carquois vos flèches tirées Sont prêtes à partir de vos arcs menaçants;

Vos fureurs les ont préparées, Et c'est pour en percer le cœur des innocents.

Vois, mon Dieu, leur rage cruelle

Qui cherche à renverser tes ouvrages parfaits.

Qu'a donc pu faire le fidèle Pour attirer sur lui la pointe de leurs traits?

Mais pour voler à ma défense.

N'es-tu pas dans ton temple et présent à mes yeux?

Pour châtier leur insolence Sur ton trône éclatant n'es-tu pas dans les cieux?

Tu vois, plein d'opprobre et de honte, Un innocent s'offrir à ton œil animé :

Fais à ces pécheurs readre compte Des maux qu'ils font souffrir à ce juste opprimé.

De rinnocent et du coupable Vois de ton tribunal les cœurs à découvert;

Qui fait mal t'est abominable, Et qui pèche à tes yeux hait son âme et se perd.

Pécheurs, sur vos coupables têtes Dieu va faire pleuvoir de quoi vous abîmer;

Le feu, le soufre, les tempêtes.

No seront qu'un essai de son calice amer (1).

Le Seigneur aime la justice; Injustes, redoutez son bras juste et puissant :

Il a connu votre malice; Il a connu combien mon cœur est innocent.

1. Et le feu, le soufre et la tempête ne seront qu'une partie du calice amer qu'il leur fera boire. — Latin : Ignîs et sulphur et spiritus procellarum pars calicis eorum.

Page 1