NOUS APPREND QUE CETTE CONFIANCE OPÈRE LE SALUT
En toi seul, ô mon Dieu, j'ai mis mon espérance Rien ne me confondra jamais.
Dieu juste, Dieu plein de clémence, Romps mes fers, et rends-moi la paix.
Aux accents de ma voix, aux élans de ma plainte, Que ton cœur se laisse attendrir: .
Le péril redouble ma crainte :
Hâte-toi de me secourir (1).
Donne-moi, Dieu puissant, dont le bras me protège, L'asile que tu m'as promis :
Sauve-moi; tire-moi du piège Que m'ont tendu mes ennemis.
Ton nom donne à mon cœur une force solide; Il est mon refuge certain.
1. Hâtez-vous de me tirer du péril^ — Sacy : Hâtez-vous de me retirer de ce danger.
C'est ce nom sacré qui me guide; C'est lui qui me donne du pain (1).
Tu vois qu'on m'a dressé mille embûches secrètes : Sauve-moi de ces lacs trompeurs (2).
Où puis-je, si tu me rejettes, Implorer d'autres protecteurs?
Je remets en tes mains et ma vie et mon âme, O source de la vérité; Dieu qui de l'éternelle flamme Par tes bontés m'as racheté.
Sur l'orgueil des mortels, sur leur pompe mondaine,
Tu lances des yeux irrités; Tu hais ceux qu'un faux charme entraîne
Après de folles vanités.
Mais sur le seul appui que ta bonté m'accorde Mon espoir se veut arrêter ; Comblé de ta miséricorde.
Quels transports ferai-je éclater?
Oui, je sens que ta vue enfin s'est abaissée Sur mes humiliations (3);
1. Vous êtes seul toute ma force et tout mon refuge; c'est vous qui, pour votre gloire, me guiderez; c'est votre Providence qui me fournira tous mes besoms. — Sacy : Car vous êtes ma force et mon refuge; et à cause de votre nom vous me conduirez et me nourrirez.
2. Vous me tirerez du piège que l'on m"a tendu en secret. — Latin : JEduces 7ne de laqueo hoc quem absconderunt mihi. — Sacy: Vous me tirerez de ce piège qu'ils m'avaient caché.
3. Vous avez attaché vos yeux sur mes humiliations. — Sacy : Vous avez regardé mon état si humilié.
Tu sauves mou âme affaissée Sous le poids des afflictions.
Loin que ton bras me livre à la rage envieuse De mes superbes ennemis.
Dans une route spacieuse Tu soutiens mes pas affermis (1).
Vois d'un œil pitoyable, ô Dieu que je réclame. Les maux dont je suis accablé.
Mes yeux, mes entrailles, mon âme.
De ton courroux tout est troublé.
Percé de mes douleurs l'une à l'autre enchaînées. J'ai langui dans l'abattement.
Et passé de longues années Dans un affreux gémissement.
Réduit dans les horreurs d'une indigence extrême, J'ai vu chanceler ma vertu; Jusques au fond de mes os même Je me sens de trouble abattu,
Mes ennemis ont ri de mon ignominie :
Mes amis en ont pris l'effroi; Qui me connaissait me renie.
Et craint de s'avouer de moi (2).
1. Vous m'avez élai-gi les routes qui ont conduit mes pieds eu un iieu de sûreté. — Sacy : Vous avez mis mes pieds en un lieu spacieux.
2. Ceux qui me connaissent craignei^ de l'avouer. — Sacy : Ceux qui me voyaient s'enfuyaient loin de moi.
^^^^^^^^i^.^^^^^^^^ir^^^^^^^^^^^'^^'i^'^^
Ces lâches, qui m'ont vu dépouillé de ma gloire, M'ont fui soudain avec horreur; Ils m'ont banni de leur mémoire Comme mort au fond de leur cœur.
Ils m'ont fait le rebut de leur aveugle rage, Comme un vase qu'on a brisé; Leur malice en tous lieux m'outrage, Et je suis de tous méprisé.
Leur fureur, que mes maux n'ont jamais assouvie, A sur moi lancé tous ses traits; Ils ont, pour m'arracher la vie, Formé mille complots secrets.
Cependant, sur toi seul fondant mon espérance, J'ai dit : Mon Dieu, sois mon support; Je t'invoque avec confiance.
Et dans tes mains j'ai mis mon sort (1).
Confonds ces ennemis à qui je suis en butte : Tire-moi, Seigneur, de leurs mains; Du pécheur qui me persécute Détruis les coupables desseins.
Prête à ton serviteur l'abri de ton visage, Délivre-moi par tes bontés; Je te rends un si pur hommage :
Mes cris seront-ils rebutés?
1. Mon sort est entre vos mains. — Sacy : Tous les événements de ma vie sont entre vos mains.
.^^4$f^|f.Îf^Jf^J^^|^^J,.^^^^^^^^^^^^^-^^^^^^^^^^|^^
Que CCS pécheurs confus soient dans les noires flammes De ton enfer précipités; Fais taire ces langues infâmes D'où partent tant d'iniquités.
Ces langues d'où l'on voit, pour perdre l'innocence, Les poisons couler à torrents; Ces langues pleines d'insolence, Et dont les abus sont si grands.
Que ta grâce a d'attraits, et qu'elle est abondante (1). Quand tu la répands au dehors!
Qu'une âme qui t'aime est contente Quand elle en reçoit les trésors!
Oui, qui peut mettre en toi son espérance unique, En ressent bientôt les effets; Aux yeux de tous tu rends publique L'abondance de tes bienfaits.
Tu couvres des rayons de ta divine face Le juste qui vient t'invoquer, Et tu sais détruire l'audace Du pécheur qui l'ose attaquer,
A l'ombre de ton bras tu protèges sa vie : Ton tabernacle est son appui; Et la perfide calomnie Lance en vain ses traits contre lui.
1. 0 mon Dieu, qu'il est doux d'ètr# rempli de l'abondance des grâces... Sacy : Combien est grande. Seigneur, l'abondance de votre douceur I
Béni soit le Seigneur qui s'est fait mon asile En m'appuyant de toutes parts; Et m'a gardé comme une ville Ceinte d'invincibles remparts.
Je t'ai dit dans l'excès de ma douleur amère, Elevant mes regards aux cieux :
Veux-tu, Seigneur, dans ta colère, Me rejeter loin de tes yeux?
Non, tu m'entends; je vois ma prière exaucée. Mon cœur contrit t'a rendu doux; Et ma voix jusqu'à toi poussée A su désarmer ton courroux.
Saints, aimez le Seigneur d'un cœur pur et sincère. Dieu se plaît dans la vérité; Mais il punit d'un front sévère Une orgueilleuse iniquité.
Mortels, soutenez donc avec force et constance Les coups dont vous êtes frappés (1); Mettez en Dieu votre espérance, Vous ne serez jamais trompés.
1. Agissez avec force et constance. — Latin : Viriliter agite, et confortetur cor vestrum. — Sacy : Agissez avec grand courage, et que votre cœur s'aifermisse.