ET SE FIE SUR LA PROTECTION DE DIEU POUR EN ÊTRE TIRÉ
Dieu seul est le Dieu des vengeances, Dieu les réserve à son courroux; Il agil librement, et punit les offenses
Sans trouver d'obstacle à ses coups.
Monte sur ton trône adorable, Juge souverain des mortels (1), Et renverse ces cœurs qu'un orgueil exécrable Rend devant toi si criminels.
C'est trop longtemps en patience Souffrir ces pécheurs odieux.
Jusques à quand. Seigneur, leur coupable insolence Triompherart-elle à tes yeux?
Dans le succès de leurs malices, On les entend se réjouir.
Les verra-t-on toujours, fiers de leurs injustices, Insolemment s'en applaudir?
1. Montez sur votre trône, vous qui«jagez la terre. — Sacy : Faites cclatei votre grandeur, ô Dieu qui jugez la terre. — Latin : Exaltare qui judicas
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Ton peuple, qu'opprime leur rage, Gémit sous leur iniquité; Les justes, dont toujours tu fis ton héritage, Sont réduits à l'extrémité.
Par eux l'étranger et la veuve Sont à la mort précipités; Et le pupille fait une funeste épreuve De leurs barbares cruautés.
Ne redoutons point la colère D'un Dieu qui ne voit point nos coups, Disent-ils; l'Eternel que cet humble révère, Pense-t-il seulement à nous?
Dans votre aveuglement impie.
Insensés, écoutez ma voix; Vous qui méconnaissez Tauteur de votre vie. Devenez sages une fois (1).
Quoi! Celui qui fit votre oreille, Lorsque vous parlez, n'entend rien?
Celui qui de votre œil a formé la merveille, Ne peut sur vous ouvrir le sien?
Pouvez-vous cacher votre offense A qui juge les nations?
Celui qui donne seul à l'homme la science Ignore-t-il vos actions?
1. Insensés que vous êtes, comprenez ce que je vais vous dire; fous, rentrez une fois dans le bon sens. — Sacy : Vous qui parmi le peuple êtes des .insensés, entrez dans rintelligence de la vérité; vous qui êtes fous, commencez enfin à devenir sages.
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Non, Dieu pénètre les pensées Les plus secrètes des humains (1); Il voit jusqu'à quel point sont folles, insensées, Celles des superbes mondains.
Heureux celui qui, pour le suivre.
Prend de saintes leçons de toi; Heureux qui t'écoutant peut apprendre à bien vivre Dans les préceptes de ta loi.
Elle instruit à la patience Pour adoucir les maux soufferts, Tandis que sous les pas du pécheur qui foffense Les précipices sont ouverts.
Non, jamais ton peuple fidèle Ne sera de toi rejeté; Tu n'abandonnes point ceux que ta grâce appelle A l'éternelle hérédité.
Je sais que quand par ta justice Tous les mortels seront jugés, Ces cœurs droits qui n'ont eu ni fourbe ni malice Seront auprès de toi rangés (2).
Mais tandis que je suis en vie.
Qui veux-tu qui soit mon support?
1. Non, le Seigneur pénètre les plus secrètes pensées des hommes. — Sacy : Le Seigneur connaît les pensées des hommes. — Latin : Dominus 9cit cogitationes hominum. •
2. Jusqu'à ce que sa justice prononce un jugement équitable, et que les fidèles dont le cœur est droit soient fanges à ses côtés. — Sacy : Jusqu'à ce que la divine justice fasse éclater son jugement, et que tous ceux qui ont le cœur droit paraissent devant elle avec confiance.
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De mes fiers ennemis, de leur maligne envie, Qui pour moi combattra l'effort?
Ah! Seigneur, si je n'ai ton aide.
Si tu ne soutiens ma vertu, A leurs puissants efforts toute ma vertu cède, Et je me vois presqu' abattu.
Mais si je te dis que je tombe Et que mes pieds sont chancelants, Ton bras qui ne veut pas que sous eux je succombe. Vole à mon aide en même temps (1).
Tes faveurs se sont mesurées Aux tourments que souffrait mon cœur.
Et j'ai de tes bontés si longtemps espérées Ressenti toute la douceur.
Près du trône de la justice Les pécheurs seront-ils assis?
Et ne savent-ils pas qu'il faut qu'on accomplisse L'austère loi que tu prescris?
Au juste que leur rage opprime Ils tendent des pièges secrets; L'innocent condamné meurt injuste victime De leurs exécrables décrets.
1. Mais jo n'avais pas plutôt dit : 0 mon Dieu, mon pied chancelle, et je vais tomber; qu'en même temps votre miséricorde volait à mon secours. — Sacy ; Si je disais : Mon pied a été ébranlé ; votre miséricorde, Seigneur, me soutenait aussitôt.
Mais le Seigneur est ma défense Et mon refuge en mes besoins; Il esl tout mon secours, toute mon espérance, Et mon salut part de ses soins.
Pour la peine que j'ai soufferte, Mes ennemis seront confus.
Dieu perdra les pécheurs qui désiraient ma perte, Et mon cœur ne les craindra plus.
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