INVOCATION T
Du Pinde et de l'Ithome il s'élance à la fois ;
La voix d'un peuple entier n'est qu'une seule voix : fi.>
Elle gronde, elle court, elle roule, elle tonne;
Le sol sacré tressaille à ce bruit qui rélonric,
Et, rouvrant ses tombeaux, enfante des soldats
Des os de Milliade et de Léonidas!
N'entends-tu pas siffler sur les Ilots du Bosphore C5
Tous ces brûlots armés du feu qui les dévore ;
Qui, sillonnant la nuit l'Archipel enflammé,
A travers les ccueils dont Mégare est semé,
Comme un serpent de feu glissent dans les ténè-hrcs,
Illuminent les iners de cent phares funèbres, 70
Surprennent sur les flots leurs tyrans endormis,
Se cramponnent aux flancs des vaisseaux ennemis,
Et, leur dardant un feu que la vengeance allume,
Bénissent leur trépas, pourvu qu'il les consume?...
Ce sont là les flambeaux dignes de tes autels ! 7^
Viens donc, dernier vengeur du destin des mortels,
Lai qui s'y livra en 48o av. J.-C. et où le roi de Sparte Léonidas troiua la mort en voulant barrer la route à l'armée perse. La guerre de l'indépendance grecque venait d'avoir son Léonidas dans le diacre Diakos, qui, avec une poignée d'hommes, tenta d'arrêter aux Tliermopyles les Turcs du général Orner ^ rione et y fut tué (4 mai 1821).
59. Du Pinde et de l'Ilhome : du nord et du sud, delà Grèce continentala et de la Grèce péninsulaire. Le Pinde est une chaîne de montagnes de Théssalie ; Ithome est le nom antique du mont Vurkano, en Messénie.
Ga. Éionne, au sens classique: ébranle violemment. — Pour la rime, v. 11, 25-:i0 (not«).
6?i. Miliiade, général athénien, qui vainquit les Perses à la bataille A* Marathon (igo av. J.-C). — Sur Léonidas, v. 58 (note). — Cf. Byron, Har., Il, i.xxiiv : « Lorsque les Spartiates austères renaîtront avec leurs vertus, lorsque Thèbes donnera le jour à un autre Épaminondas, lorsqu'Athènej pourra citer des cœurs dignes de ses anciens héros, ...alors, mais alors seu iement tu seras délivrée. »