‹ PoésieChapitre 144 sur 274 · Les siijnes : la scrio des nombres · texte numérisé non relu

Les siijnes : la scrio des nombres

Les siècles, accusant Ipur alphabet stérile,

De CCS astres sans fin n'ont nommé qu'un sur mille; 70

(^uc dis-je? aux bords des cieux, ils n'en vu qu'ondoyer

Les mourantes lueurs de ce lointain foyer :

Là l'anliquc Orion, des nuits perçant les voiles,

Dont Job a le premier nommé les sept étoiles;

Le navire fendant i'éther silencieux, 73

Le bouvier dont le char se traîne dans les cicux,

La lyre aux cordes d'or, le cygne aux blanches ailes,

Le coursier qui du ciel tire des étincelles,

La balance inclinant son bassin incertain,

Les blonds cheveux livrés au souffle du matin, 80

Le bélier, le taureau, l'aigle, le sagittaire,

Tout ce que les pasteurs contemplaient sur la terre,

Tout ce que les héros voulaient éterniser.

Tout ce que les amants ont pu diviniser.

Transporté dans le ciel par de touchants emblèmes, 85

N'a pu donner des noms à ces brillants systèmes.

Les cieux pour les mortels sont un livre entrouvert.

Ligne à ligne à leurs yeux par la nature olfert;

Chaque siècle avec peine en déchiffre une page,

Et dit : Ici finit ce magnifique ouvrage ! 90

Mais sans cesse le doigt du céleste écrivain

Tourne un feuillet de plus de ce livre divin,

Et l'œil voit, ébloui par ces brillants mystères,

Élinceler sans fin de plus beaux caractères.

Que dis-je? à chaque veille, un sage audacieux gS

Dans l'espace sans bords s'ouvre de nouveaux deux :

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