Son. empire. La pleine mer
Ito. Filer. Terme propre dans la langue des marins. On dit même plu? brièvement : filer un câble.
J40 HARMONIES POÉTIQUES ET nri.IC.IEUSES
Jusqu'au fond tlos vallons niouvanls,
VJ sur ce foiitic'incnl mobile
11 balance son mal ("iaj:;ilc
El dort au vain roulis des vents. Lb
Il \il ! Le colosse superbe
Qui couvre un arpenl loul entier
Dt" passe à peine le brin d'iicrbe
(jiie l(» inouclieron l'ail plier.
Mais sa feuille boil la rosée, * 5o
Sa racine fertilisée
Grossit comme une eau dans son roura,
El dans son cœur qu'il forlilie
Circule un sang ivre de vie
Pour qui les siècles sont des jours. 05
Les sillons où les blés jaunissent,
Sous les pas cliangeanls des saisons,
Se dépouillent et se vêtissent
Comme un troupeau de ses toisons;
Le fleuve naît, gronde et s'écoule: f.u
La tour monte, vieillit, s'écroule ;
L'hiver elïeuille le granit ;
Des générations sans nombre
Vivent et meurent sous son ombre :
Et lui? voyez, il rajeunit! 65
Son tronc que l'écorce protège, Fortifié par mille nœuds, Pour porter sa feuille ou sa neige S'élargit sur ses pieds noueux ;
45. Roulis. Au sens propre, le balancement du navire. Le mot rsl ,np|)liqiiô par transposition aux vents, cause de ce balancement.
[tn. Qui couvre : qui doit couvrir ; mais le présent est bien plus expressif,
67. Sous les pas changeants des saisons se rattache au vers suivant.
58. Vêtissent, pour vêlent. Ce présent de l'indicatif, grammaticalement incorrect, se rencontre fréquemment chez les uicilh-urs écrivains, surtout au xvui« siècle. Voltaire, BufTon, Montesquieu l'emploient couramment. Cf. Delille, Paradis perdu, VII :
Do leurs molles toisons les brebis se vêtissent. — Lamartine a formé de mèuie l'imparfait vètissait (XXIX, 17C ; XXXIII, 26).
G3. I''euilte, poir feuillage. Cf. XXXIV. 3; ; XL, 39; Gi.