JOCELYN ET LAURENCE DANS LA MONTAGNE
J'ai la meilleure part, l'autre part de moi-même,
Un regard qui me cherche, un souvenir qui m'aime.
Un ami dont mon pas fora battre le cœur, i5
Un être dont le ciel rn'a fait le protecteur,
Pour moi tout, et pour qui je suis tout sur la terre,
Pairie, amis, parents, mère, sœur, frère et père,
Qui compte tous mes pas dans son cœur palpitant,
Et pour qui loin de moi le jour n'a qu'un instant, «o
L'instant où, de ces monts me voyant redescendre,
11 vient de ses deux bras à mon cou se suspendre,
Et. bondissant après comme un jeune chamoi.
Me ramène à la grotte en courant devant moi ; »
Alors, pressant le pas sur mon chemin de neige, tb
Je me trace de l'œil le sentier qui l'abrège ;
Le glacier suspendu m'oppose en vain son mur,
Je me laisse glisser sur ses pentes d'azur ;
Je retrouve Laurence au pied de la montagne,
Car je ne permets pas encor qu'il m'accompagne. 3..
Il passe alors son bras plus faible sous le mien ;
Je lui conte mon jour, il me conte le sien ;
Nous rentrons, il me dit combien nos tourlorelles
Ont couvé le matin d'œufs éclos sous leurs ailes.
Combien la chèvre noire a donné de son lait, Il
Ou de petits poissons ont rempli son blet ;
Il me montre les tas de mousses et de feuille
Que pour tapisser l'antre avant l'hiver il cueille,
Los fruits qu'il a goûtés et rapportés du bois,
Et dont l'épine aiguë ensanglante ses dolgfs, 4..
Les bras de vigne vierge, ou de lierre qui llolte.
Qu'il a fait serpenter dans les lianes de la grotte,
20. Loin de moi. Elliptique: quand il est loin de moi, le jour entier tient, dans sa pensée, en un seul insluiit qu'il se reijrésente d'avance.
a3. CItamoi. Licence, pour clianiois. Cf. X.XX, i6i.