Éternelle. Hyperbole : perpétuelle
Dans ses traits, imprégnés d'une sainte harmonie,
La résignation au sein de l'agonie,
L'humanité vaincue asservie à la foi, 65
Tout éclatait en lui!... Je crus voir devant moi
Un de ces champions des vérités nouvelles
Que les anges de Dieu servaient, couvaient des ailes,
Et qui, nourris déjà du pain caché du fort,
Exultaient du supplice et vivaient de leur mort. 60
A l'entrée, ébloui par ce front de lumière.
Sur mes genoux tremblants je tombai sur la pierre,
Comme si quelque main m'eût forcé de plier,
N'osant ni m'approcher ni m'enfuir. Le geôlier
Lui dit : « Que votre nuit avec Dieu se consomme ! 65
J'ai rempli ma promesse, et voilà ce jeune homme. »
Puis, posant à mes pieds sa lanterne, il sortit.
Et, refermé sur nous, le battant retentit.
« Est-ce vous, mon enfant? venez, que je vous voie.
Oh ! que ma dernière heure ait la dernière joie 70
De presser sur mon cœur un fils en Jésus-Christ,
Un frère dans ma fol, nourri du même esprit 1
Soyez béni, mon Dieu, dont la grâce infinie
Me gardait en secret ce don pour l'agonie !
J'ai vidé jusqu'au fond mon calice de fiel, 75
Mais la dernière goutte a l'avant-goùt du ciel !
Mon fils, je vais mourir; mon éternelle aurore
De ma dernière nuit va tout à l'heure éclore ;
Demain j'entonnerai l'Hosanna triomphant.
.aujourd'hui je suis homme et pécheur. Mon enfant, ■ 80
Devant le Saint des saints avant que de paraître.
J'ai besoin de laver mon âme aux eaux du prêtre :