D'un peu de repos dépend de pressée
g. Collines. Ci'. X.L, i3; 38.
I). Entendez : le scrM^i d'un cœur à dcuii consola.
Combien de fois je bus dans le creux de ma main
Un pou d'eau du torrent qui borde le chemin ! 20
Que souvent mon oreille, à ses flots attentive,
Crut reconnaître un ci'i dans ses bonds sur sa rive,
Kt, d'un frisson glacé me ridant tout entier,
M'arrêta palpitant sur le bord du sentier !
Enfin, le soir, je vis noircir, entre les cimes 25
Des arbres, mes murs gris au revers des abîmes.
Les villageois, épars sur leurs meules de foin,
Du geste et du regard me saluaient de loin.
L'œil fixé sur mon toit sans bruit et sans fumée.
J'approchais, le cœur gros, de ma porte fermée. 3o
Là, quand mon pied poudreux heurta mon pauvre seuil.
Un tendre hurlement fut mon unique accueil ;
llélas! c'était mon chien, couché sous ma fenêtre,
Qu'avait maigri trois mois le souci de son maître.
Marthe filait, assise en haut sur le palier. 35
Son fuseau de sa main roula sur l'escalier ;
Elle leva sur moi son regard sans mot dire ;
Et, comme si son œil dans mon cœur eût pu lire,
Elle m'ouvrit ma chambre et ne me parla pas.
Le chien seul en jappant s'élança sur mes pas, 4o
Bondit autour de moi de joie et de tendresse,
,Se roula sur mes pieds enchaîné de caresse.
Léchant mes mains, mordant mon habit, mon soulier.
Sautant du seuil au lit, de la chaise au foyer.
Fêtant toute la chambre, et semblant aux murs même, 45
Par ses bonds et ses cris, annoncer ce qu'il aime ;
Puis, sur mon sac poudreux à mes pieds étendu,
Me couva d'un regard dans le mien suspendu.
ad. M'arrêta a pour sujet grammatical mon oreille, pour sujet logique le cri que Jocelyn a cru entendre.
3i. Le souci de son maître : le souci causé par l'absence de son maître. Cf. l'expression : être en souci de quelqu'un.