‹ PoésieChapitre 259 sur 274 · Siècles, Au pluriel, pour la mesure du ver · texte numérisé non relu

Siècles, Au pluriel, pour la mesure du ver

Cet orageux effort des partis politiques

Pour rasseoir le saint droit sur les bases antiques, 80

Pyramide impuissante à se tenir debout ; La liberté que l'homme immole ou prostitue, Du peuple qui la souille au tyran qui la tue Passant des cachots à l'égout;

Dieu comme le soleil attirant les nuages ; 85

Le vulgaire incarnant les purs dogmes des sages ; L'erreur mettant sa main entre l'oeil et le feu ; Et le sage, du ciel parlant en paraboles, Obligé d'écarter en tremblant ces symboles,

De peur de mutiler le Dieu ; 90

Pas un dogme immuable où le doute ne pose, Le mensonge ou le vide au bout de toute chose, Et le plus beau destin en trois pas traversé ; La mort, coursier trompeur à qui l'espoir sa fie, S'abattant au milieu de la plus belle vie 96

Sur le cavalier renversé ;

Ces amours enlacés par mille sympathies Arrachés du sol tendre ainsi que des orties A l'heure où de leurs fleurs notre âme embaumerait. Et le sort choisissant pour but au coup suprême 100

La minute où le sein bat sous un sein qui l'aime, Pour percer deux cœurs d'un seul trait ;

Ces mères expirant de faim le long des routes. De leur mamelle à sec pressant en vain les gouttes

85. Dieu attirant les nuages. Tour ironique, pour désigner les obscurcissements de la foi.

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