‹ PoésieChapitre 261 sur 274 · A M. FÉLIX GUILLEMARDET · texte numérisé non relu

A M. FÉLIX GUILLEMARDET

^ux lèvres de leur fils sur leurs genoux gisant ; io5

Ee travail arrosant de sa sueur stérile lj)u sol ingrat et dur l'insatiable argile i Qui boit la rosée et le sang ;

Et les vents de la mort, dont les fortes haleines Vident dans le tombeau de grandes villes pleines, no

Et sèchent en trois jours trois générations ; Et ces grands secoùments de choses et d'idées, Qui font monter si haut en vagues débordées Les écumes des nations ;

Et ces exils qui f(»nt à tant d'enfants sans mères 1 1 5

Des fleuves étrangers boire les eaux amères ;

Et ces dégoûts d'esprits et ces langueurs du corps ;

Et, devant ce tombeau que leur misère envie,

Ces infirmes traînant sur les bords de la vie •

Le linceul de leurs longues morts : lao

Oui, j'ai trempé ma lèvre, homme, à toutes ces peines ; Les gouttes de ton sang ont coulé dans mes veines ; Mes mains ont essuyé sur mon front tous ces maux ; La douleur s'est faite homme en moi pour cette foule, Et, comme un océan où toute larme coule, ia5

Mon âme a bu toutes ces eaux I ^

log. Les vents de la morl. Les épidémies. Lamartine se souvenait du choléra de 1883.

lia. Ces grands secoùments. Les révolutions.

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