ftemord, pour remords. Cf. XXXVI, 199 ; XLIV
96. A partir d'ici, Lamartine préconise une soliition pacifique et un peu simpliste de la question d'Orient : que les nations civilisées de l'Occident,
L'espace y lasse en vain la Icnle caravane, La solitude y dort son immense sommeil ! Là, des peuples taris ont laissé leurs lits vides ; loo
Là, d'empires poudreux les sillons sont couverts : Là, comme un stylet d'or, l'ombre des Pyramides Mesure l'heure morte à des sables livides Sur le cadran nu des déserts 1
Roule libre à ces mers où va mourir l'Euphrate, io5
Des artères du globe enlace le réseau ;
Rends l'herbe et la toison à cette glèbe ingrate :
Que l'homme soit un peuple, et les fleuves une eau 1
Débordement armé des nations trop pleines, Au souffle de l'aurore envolés les premiers, no
Jetons les blancs essaims des familles humaines Autour des nœuds du cèdre et du tronc des palmiers ! Allons,. comme Joseph, comme ses onze frères, Vers les limons du Nil que labourait Apis, Trouvant de leurs sillons les moissons trop légères, ii5
S'en allèrent jadis aux terres étrangères Et revinrent courbés d'épis 1
Roule libre, et descends des Alpes étoilées
L'arbre pyramidal pour nous tailler nos mâts,
Et le chanvre et le lin de tes grasses vallées ; no
Tes sapins sont les ponts qui joignent les climats.
au lieu de se battre entre elles, s'unissent et s'entendent pour l'occupation la colonisation du monde oriental. Vue de poète plus que d'homme d'État. Lamartine l'avait d'ailleurs développée plus d'une fois à la tribune; v. en particulier son discours du 8 janvier i834 à la Chambre des députés (La France parlementaire, t. I, p. 8),