LASSITUDE
Comme un mort qui se dresse et se recouche après, Quelquefois, sous tes yeux, j'ai des réveils encore; Mais vois les sombres draps dont le seuil se décore : Ce n'est pas pour Ihymen que Ton fit ces apprêts.
Tes cheveux m'étaient blonds, jadis î tu m'empourprais Toute 1 âme, cher front, comme un lever d'aurore; Maintenant, de ce front qui se penche et s'éplore. Ta chevelure verse une ombre de cyprès.
Viens donc^ toi qui faibhs autant que je succombe. Nouons encor nos bras que la fatigue plombe. Et mêlons le dernier souffle de nos poumons.
Là-bas, un oiseau vole... on aurait pu le suivre... — L'heure qui va sonner sait que nous nous aimons Assez pour en mourir, pas assez pour en vivre.
Soirs moroses 59