‹ PoésieChapitre 14 sur 99 · LASSITUDE · texte numérisé non relu

LASSITUDE

Comme un mort qui se dresse et se recouche après, Quelquefois, sous tes yeux, j'ai des réveils encore; Mais vois les sombres draps dont le seuil se décore : Ce n'est pas pour Ihymen que Ton fit ces apprêts.

Tes cheveux m'étaient blonds, jadis î tu m'empourprais Toute 1 âme, cher front, comme un lever d'aurore; Maintenant, de ce front qui se penche et s'éplore. Ta chevelure verse une ombre de cyprès.

Viens donc^ toi qui faibhs autant que je succombe. Nouons encor nos bras que la fatigue plombe. Et mêlons le dernier souffle de nos poumons.

Là-bas, un oiseau vole... on aurait pu le suivre... — L'heure qui va sonner sait que nous nous aimons Assez pour en mourir, pas assez pour en vivre.

Soirs moroses 59

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