ELOGE DU RIRE
Sous tes cheveux que désunit Ton souffle odorant qui les frôle, Tes petits rires sont un nid De fauvettes dans un grand saule.
Pourquoi tu ris? On ne sait pas.
Mais qui donc prend souci des causes Pourquoi fleurissent les lilas Et pourquoi fleurissent les roses?
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D'ailleurs, s'il faut une raison, Les fleurs de tes rideaux sont faites Très-certainement de façon A te mettre le cœur en fêtes.
On ne sait pas tout ce que peut Donner de gaîté naturelle La chanson du toit quand il pleut, Le cri des vitres quand il grêle.
Toi tu ris : l'émail apparaît De tes dents petites et sûres, Dents de louve, où sommeillerait La méchanceté des morsures.
C'est très-bien. Le rire charmant A la tendresse et Tironie; Il est le doux consentement Et Fopposition bénie.
C'est lui qui répond : Je veux bien.
Sur les lèvres encor mi-closes.
De celles qui ne savent rien Des épines sinon les roses;
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Et c'est lui que^ sans repentirs^ Aux durs ceps, à la lampe ardente, Jettent, superbes, ô martyrs.
Vos bouches que le fer édente !
Ris encore, femme au cœur bon.
Candeur que la gaîté dénonce, Ris à lange, ris du démon.
Comme au lys, comme de la ronce;
Nos esprits en d'obscurs réseaux Subissent la prison charnelle, Et les âmes ne sont oiseaux, O doux rire! que par ton aile.
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