‹ PoésieChapitre 55 sur 99 · MELANCOLIE D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

MELANCOLIE D'ÉTÉ

Comme un rameau trop lourd s'incline, Penche-toi, cœur endolori, Vers le cimetière fleuri Qui rit sur la claire colline.

Tente chère au bédouin brûlé; Fraîches haltes près des citernes; Bonne auberge dont les lanternes Font signe au marcheur consolé;

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Lit des courtisanes sans fièvre^ Où tout s'éteint, sauf le remords; Bouges qu'encombrent, ivre-morts, Les buveurs d'ale et de genièvre;

Grave alcôve aux rideaux amis, Où plane sur Thymen paisible Ce doux bruit d'abeille invisible, Qui sort des berceaux endormis;

A l'angoisse aiguë, au malaise, Vous n'offrez qu'un répit trop bref L'homme revit, quand derechef Se lève, hélas! l'aube mauvaise.

Mais sur l'oreiller que nous font Les espoirs morts, les craintes mortes, Dans la basse chambre sans portes^ Le repos est long et profond.

Lieu béni des sommeils fidèles.

Où nul n'a peur d'être éveillé.

Le cimetière ensoleillé

Est plein de fleurs, de brise, et d'ailes.

Intermède i%n

La croix dorée où meurt le Fils Luit comme en des apothéoses.

Et, blanches, au milieu des roses, Les stèles semblent de grands lys.

Et moi, du bord de Tâpre voie.

J'envie, en mon cœur douloureux.

Le sourire des morts heureux, Diflfus dans toute cette joie!

i88 Intermède

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