‹ PoésieChapitre 69 sur 99 · A UN JEUNE HOMME RICHE · texte numérisé non relu

A UN JEUNE HOMME RICHE

Jeune homme riche, aimé des Dieux, Fuis la Muse, baise les yeux

Des blondes!

Garde-toi des rêves amers Et ne tente jamais les mers

Profondes !

Philoméla 283

Va, triomphe parmi le chœur Des filles blanches dont le cœur

Bat vite! Fais Famour^ nous ferons les vers; Idalie aux bocages verts

T'invite.

Cependant je mêle mon cri, Loin des jardins où la houri

Te baise, Aux sanglots des joueurs de luth, Applaudissant qui donne Vut

Dièse !

Mes destins sont pareils au leur; Notre muse, c'est la douleur

Sans trêve ; Ils ne sont pas ce que tu crois, Ces Jésus qui portent la croix

Du rêve !

Le soir, sous le ciel endormi^ Quand tu vas écouter parmi La brise

Les premiers vers

Le gazouillis charmant du flot Qui sur la grève d'un îlot Se brise^

Le roc a-t-il trouvé des mots, Enfant, pour te conter les maux

Qu'il souffre, Sentant son granit se creuser Sous l'impitoyable baiser

Du gouffre ?

Que t'importe! chasse, aime et bois; La gazelle à fombre des bois

Gambade.

Fou de Champagne ou de porto, Jette de l'or sous le râteau

De Bade!

Quitte les soins dont tu f émeus.

N'as-tu pas les vins écumeux,

L'ivresse, Ton arabe qu'un dey dompta Et les cheveux luisants de ta

Maîtresse?

Philomêla 285

Et sa cheville à Tos très-fin, Qu un incroyable brodequin

Etrangle^ Et sa gorge couleur de lait, Cette seule rondeur qui n"ait

Pas d'angle ?

286 Les premiers vers

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