‹ PoésieChapitre 81 sur 99 · LA RUINE · texte numérisé non relu

LA RUINE

Mon âme était pareille aux ruines antiques, Débris désespérés des monuments déchus; Le lierre y cramponnait ses mille doigts crochus, Et des chœurs de serpents sifflaient sous les portiques.

On voyait s'accroupir dans les ravins branchus La sorcière attentive à d'infâmes pratiques, Et des démons pareils à des épileptiques Crevassaient la muraille avec leurs pieds fourchus.

Mais l'œil de ma maîtresse a lui dans ce dédale; Elle a soigneusement défriché les moellons, Tué chaque serpent, nettoyé chaque dalle;

Et maintenant, fermée au choc des aquilons.

Mon âme est une grande église synodale

Où j'adore sans fin ma sainte aux cheveux longs I

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