‹ Poésie (volume 2)Chapitre 18 sur 99 · A UN ÉLÉGIAQUE · texte numérisé non relu

A UN ÉLÉGIAQUE

Jeune homme, qui me viens lire tes plaintes vaines, Garde-toi bien d'un mal dont je me suis guéri. Jadis, j'ai, comme toi, du plus pur de mes veines, Tiré des pleurs de sang, et le monde en a ri.

Du courage! La plainte est ridicule et lâche. Comme l'enfant de Sparte, ayant sous ses 'habits Un renard furieux qui le mord sans relâche, Ne laisse plus rien voir de tes tourments subis.

A IN ELEGIAQUE.

On fut cruel pour toi? Sois indulgent et juste; Rends le bien pour le mal, c'est le vrai talion. Mais, t'étant bien bardé le cœur d'orgueil robuste, Va î calme comme un sage et seul comme un lion.

Quand même, dans ton sein, les chagrins, noirs reptiles, Se tordraient, cache bien au public désœuvré Que tu gardes en toi des trésors inutiles Comme des lingots d'or sur un vaisseau sombré.

Sois impassible, ainsi qu'un soldat sous les armes; Et lorsque la douleur dressera tes cheveux Et qu'aux yeux, malgré toi, te monteront des larmes, N'en conviens pas, enfant, et dis que c'est nerveux!

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