‹ Poésie (volume 2)Chapitre 63 sur 99 · QUI ME COMPREND · texte numérisé non relu

QUI ME COMPREND

Qui me comprend? On les croit fous, Mes vers, faits de lumière et d'ombre.

J'aime et l'on m'aime, et c'est bien doux; Je suis Magyar, et c'est bien sombre.

De tendres pleurs mouillent mes yeux Au souvenir de ma chérie ; Et j'ai des sanglots furieux Pour les malheurs de la patrie.

POÉSIE. — III. n

Sur mon sein, ma mie aux yeux clairs Met un bouquet de Heurs divines ; Et l'amour du pays aux fers Me couronne le front d'épines.

Je vais, triste et joyeux, versant Sur ma lyre, a travers l'orage, Des fleurs et des gouttes de sang, Des larmes d'amour et de rage !

A EïELIvA

Vois le Danube, ô bien-aiméc, Étreignant cette île en son cours.

Telle, en mon cœur, ô mes amours.

Ta pure image est enfermée !

Vois, trempé dans le Ilot grondeur, Ce rameau vert qui se balance ; Et laisse la verte espérance Se glisser de même en mon cœur !

Page 1