‹ PoésieChapitre 100 sur 128 · PURGATOIRE · texte numérisé non relu

PURGATOIRE

J'ai fait ce rêve : — J'étais mort.

Une voix dit : « Ton âme impie, En un très misérable sort, Va revivre, afin qu'elle expie.

Dans le bois, qu'octobre jaunit Et que le vent du nord flagelle, Deviens le passereau sans nid.

— Merci ! Je vais voler vers elle.

— Non ! Sois plutôt l'arbre isolé, Et, dans l'ouragan qui s'irrite, Tords ton feuillage échevelé.

— Soit ! Il se peut que je l'abrite.

— Alors, cœur plein d'amour humain, Sois le caillou que broie et roule

Le chariot sur un grand chemin.

— Qu'importe? si son pied me foule.

— Insensé, » dit enfin la voix, Qui gronda pour cet anathème,

« Sois donc homme encore une fois, Et revis, mais sans qu'elle t'aime ! »

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