‹ PoésieChapitre 53 sur 128 · LIMEI · texte numérisé non relu

LIMEI

Oui, cela rajeunit, et c'est délicieux

Ce sourire attendri qui vous pique les yeux.

Olivier s'éveillait dans la chambre d'auberge

Et la bonne tirant les longs rideaux de serge

Y faisait pénétrer la joie et le soleil,

Quand un vieillard, à l'air content, au teint vermeil,

En veste de velours, en casquette de chasse,

Entre, se jette au cou d'Olivier et l'embrasse,

Puis s'écrie en riant :

« On me l'avait bien dit :

C'est lui, notre grand homme î . . . Embrasse-moi, petit. — Voilà ce qui s'appelle une bonne surprise ! — Sur l'autre joue... encore! »

Et sous la barbe grise

Du bonhomme qui l'a reconnu le premier, Il retrouve les traits d'un vieux noble-fermier, Le meilleur, le plus cher ami de sa famille.

c Et la santé ?

— Toujours vaillante.

— Et votre fille?

— Bien grandie... Elle aura seize ans à la moisson. Mais il ne s'agit pas de cela, mon garçon. Nous restes-tu longtemps ?

— Que sais-je? Une semaine, Ou deux, ou trois.

— Dix ans, si tu veux ! je t'emmène.

Nous déjeunons, et puis, en voiture ! »

Était venu pour voir une tombe et prier. Mais savons-nous jamais où les destins nous tirent? « Est-ce dit ? fit le vieux.

— C'est dit. »

Puis ils partirent.

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