C. I. L. IX, 2128 ; Bùch
Epitaphe de C. Acellius, sur une sépulture de famille du territoire de Bénévent. Au-dessus, on lit:
C. Acellius C. et L. I (ibertus) Syneros Augustalis (1) mercator suarius sibi et Calpurniae Sp.f(iliae) Phgllidi uxori, C. Asellio C. f(ilio) Fal(eria) Veinent i fdio aed(ili) pr(aelori) II vir. q(inqucnnali) praef(ecto) fnbr(nm).
Sénaires ïambiques.
Date inconnue ; peut-être du premier siècle de l'ère chrétienne.
Acellius était marchand de porcs ; l'expression ïnercator suppose un commerce étendu : marchand en gros, négociant. Il est vrai que, sur une epitaphe, on peut se vanter ; mais les fonctions dont le fils fut revêtu montrent que sa famille avait dans le pays une situation importante.
1. — Homo es Bùcheler rapproche ces mots du vers 5 de l'inscription du CorpusX, 6053 (dans son recueil, 71) :
Tu qui legis mémento te esse hominem. Vale.
2. — Ivenis, juvenis : quand j'étaisjeune, dans la force de l'âge. Pour la forme, cf. Bûch. 213, 1 ;
(i) Il ne s'agit pas, bien entendu, de la confrérie officielle des Auguslalcs, instituée en i4 ap. J.-C, dépositaire du culte gentilice des Jules, et composée de sénateurs, mais d'une de ces nombreuses corporations locales (ici, celle de Bénévent) qui honoraient le Génie de l'Empereur ; voy. Bouché-Leclercq, Jnst. Rom., p. 5o8-557 : « Du vivant même dAuguste, des collèges d'artisans adjoignaient son génie à leur patron divin ; il se formait aussi des confréries spéciales qui associaient le Génie impérial aux Lares compitalices, comme le faisait, sous l'œil du maître, la plèbe de la capitale. »
402, 1 ; 743, 2 : ivenis; — 978, 2 ; 980, 4 : ivenem ; — 1149, 1: iventa. Les Romains longtemps n'aimèrent pas la rencontre de deux u (u et v) ; c'est ainsi que l'on trouve couramment sur des inscriptions même encore du temps de l'Empire, aeditus, mortus, perpetus. Cependant le groupe uv, ce qui est le cas ici, déplaisait moins et fut admis plus tôt dans la langue que les groupes uu ou vu.
Le vers est faux ; Bûcheler supppse qu'il provient d'un type tel que celui-ci :
Juvenis tetendi ut haberem quod fruerer senexé
3. — feci... feci en supprimant l'un des deux, et en ne comptant par synizèse de Yi que trois syllabes dans injuriam, on peut scander le vers ; Bûcheler suppose à l'origne.
Officia feci multis, nulli injuriam.
4. — Ja.oc est veniundum tibi pensée et formule fréquentes, cf. C. I. L. I, 1431 et V, 4111 (Bùch. 119):
Heus ! tu viator lasse qui me praetereis, Cum diu ambulareis, tamen hoc veniundum est tibi. Voy. aussi plus loin 22, v. 2 : tamen hoc redeudus tibi.
Si non molestum est, hospes, consiste et lege. Navibus velivolis magnum mare saepe cucurri ; Accessi terras conplures ; terminus hicc est Quem mihi nascenti quondam Parcae cecinere. Hic meas deposui curas omnesque lahores ; 5
Sidéra non timeohic, nec nimbos, nec mare saevom, Nec metuo sumptus ni quaestum vincere possit. Aima Fides, tibi ago grates, sanctissuma diva : Fortuna infracta, ter me fessum recreasti ; Tu digna es quam mortales optent sibi cuncti. 10 Hospes, vive, vale ; in sumptum superet tibi sem-
[per, Qua non sprevisti hune lapidem dignumque di-
[casti.
C. I. L. IX, 60 (Kaibel); Henzen Act. hist. Arch. Rom. 1872, p. 30; Bùch. 1533.
Epitaphe d'un navigateur commerçant ; trouvée à Blindes, Les lettres, paraît-il, indiquent la fin du premier ou le commencement du deuxième siècle ap. J.-C. ; mais l'emploi, au v. 7, de ni pour ne, fréquent dans les inscriptions du temps d'Auguste,'invite à reculer la date plutôt qu'à la rapprocher ; on peut donc attribuer ce texte au premier siècle ap. J.-C.
Vers 2 à 12, hexamètres dactyliques ; [le vers 1 est un sénaire ïambique ; rien ne le distingue des autres sur la pierre.
On rencontre dix-huit lois l'apex (1) dans cette inscription, et toujours à propos.
La langue et la versification sont élégantes^ et l'auteur, qui peut bien avoir été le défunt lui-même, connaît les bons poètes et sait mettre en œuvre les souvenirs de ses lectures.
1. — Sinon molestum est cf. C. I. L. X, 5371 (Bùch. 118) : Hospes, résiste et, nisi molestiist, perlege.
2. — Navibus navibû (s), chute de s final conformément à l'usage archaïque ; l'hémistiche
(i) L'apex est un petit signe de la forme d'un accent aigu, qui figure fréquemment sur les monuments de l'Empire, dans les deux premiers siècles, pour indiquer des voyelles longues par nature ; il avait commencé d'être employé dès l'époque de Sulla ; il tomba en désuétude vers la fin du iue siècle de l'ère chrétienne (règne de Gallien). On le rencontre pariois sur des voyelles brèves ou même sur des consonnes ; mais, dans l'un et l'autre cas, c'est erreur uu inintelligence de la part du lapicide. Il ne faut pas confondre l'apex avec le Siciliens, destine à remplacer une lettre double. Voy. Gagnât, Cours d'épi gr. lai., p. 28.
vient en efïet d'un vers d'Ennius (Ann. 412, éd. L. Millier) :
Cum procnl aspiciunt hostes accedere ventis Nauibus velivolis.
magnum mare cf. LivinsAndronicus, 33, éd.Ribbeck, marc magnum.
3. — hicc. Des grammairiens, entre 'autres Velius Longus (Gr. Lat. VII, 54, 8 suiv.), voulaient, dans Virgile, écrire Mezentius hicc est (Aen. XI, 16) etHocc erat aima parais (Aen. II. 664) ; voy. Ribbeck Proleg. ad Verg. pp. 214 et 425, et Stolz Hist. Gr. Icd. Spr. 1. 1, p. 346 (hocc de hodc, comme miless, miles, de milets).