‹ PoésieChapitre 134 sur 217 · LA LÉGENDE DES SI L'ÉTUDIANT · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DES SI L'ÉTUDIANT

Puissant vieillard!

LE VIEILLARD. Mar.

Il est inaccessible; il garde Son fossé, tient dressé son pont-levis, rega Par les trous de sa herse, et n’a jamais d’enn Sentant le mont immense en paix derrière lui.

$ LA LE BOURGEOIS, regardant à ses pieds.

Le précipice est sombre.

L'ÉTUDIANT, regardant au-dessus de sa on

Et la muraille est haute.

LE BOURGEOIS. r FU

Uni- Mais s'il repousse un maître, admettrait-il un hôte? F3 LE VIEILLARD. LL

Un pauvre, oui. | | ul

L’ÉTUDIANT

Jamais roi dans sa coupe ne but.

LE VIEILLARD

Il vit sans rendre hommage et sans payer tribut. M LE BOURGEOIS. 1

Qu'il est heureux! Hélas, les impôts nous obèrent. …

LE VIEILLARD. À 1

Mais cela va finir. Les princes délibèrent.

Montrant le revers de la montagne opposé au précipice.

Ils sont là.

LE BOURGEOIS

Qui donc?

LE VIEILLARD

Qui? Notre duc Cyadmis,

Le roi d’Arle, et les deux formidables amis

WELF, CASTELLAN D’OSBOR. 419 Qui ne se quittent pas, — l’un maudit, l’autre frappe, — Othon trois, empereur, et Sylvestre deux, pape. L'ÉTUDIANT.

Qu'importe! le rocher est fort, Welf est viril. Welf ignore la peur, mais connaît le péril.

LE BOURGEOIS

Aussi marche-t-il droit sur lui.

L’ÉTUDIANT

Pas plus qu'Hercule Il ne tremble, et pas plus qu'Achille il ne recule.

LE BOURGEOIS

Robuste, il songe, au bord de l’abime béant.

L’ÉTUDIANT

Une douceur d'étoile, et le bras d’un géant!

LE VIEILLARD

Oui. Mais les rois sont las de voir debout dans l’ombre Le grand ermite armé de la montagne sombre.

Il se penche et leur désigne du doigt une pente qu’on ne voit pas.

Vous voyez bien d'ici cette cabane, au flanc Du ravin, à l'abri de l’aquilon siflant?

C’est là que les rois sont assemblés.

LE BOURGEOIS

Combien?

LE PAYSAN

Quatre.

LE VIEILLARD

Ce burg les gêne. Ils ont résolu de l’abattre. C’est dit. Pour vaincre ils ont leurs troupes et leurs gens, Et le dépit amer, force des assiégeants.

LE PAYSAN

Le castellan va-t-il enfin livrer passage, Baisser le pont, céder aux rois?

LE BOURGEOIS

PA 4 à

L’ÉTUDIANT

Non, sil est grand.

LE VIEILLARD

Il est sage et grand.

L'ÉTUDIANT, montrant la tour.

AE ma Tiendra ferme, ayant Welf tout seul pour g;

TR Il mettra ses chaudrons sur de la braise arden OR

Et saura leur payer, va, ce qui leur est dà De poix bouillante, d’huile en feu, de plomb fo

LE PAYSAN

Certes!

L’'ÉTUDIANT

Et l’on verra si leur peau s’accoutume Au ruissellement large et fumant du bitume.

On voit une fumée sortir du i haut de la tour.

LE VIEILLARD

Tenez, précisément! Il allume son feu.

Voyez-vous la fumée!

L'ÉTUDIANT

Il va jouer son jeu, Faire sa fête, offrir la bataille. LE BOURGEOIS.

Posture D'un héros!

LE PAYSAN

Je veux voir la fin de l'aventure. .

WELF, CASTELLAN D’OSBOR. 421

LE BOURGEOIS

Nous, en voyant venir des princes, nous fuyons Devant ce flamboiement de sinistres rayons;

Welf les brave.

Montrant le burg.

C'est beau, cette porte fermée.

L'ÉTUDIANT

D'un côté ce bonhomme, et de l’autre une armée!

LE VIEILLARD

A lui seul il est grand comme une nation.

D'ordinaire, tout est dans la proportion,

Et le petit est grand près du moindre, et l’arbuste, Si vous le comparez au brin d'herbe, est robuste. Mais Welf dépasse tout. C'est un dieu.

On entend une fanfare de trompettes.

LE BOURGEOIS

Les clairons!

Silence! Où sont nos trous dans les rochers? Rentrons.

Tous se dispersent de divers côtés. Entre une troupe de valets de la lance avec de longues piques. En tête les clairons.

Puis un gendarme portant un pennon de guerre.

Derrière le pennon, paraît un homme à cheval entièrement couvert d’une chemise de fer à capuchon, et ayant sur le capuchon une couronne ducale. Les soldats s'arrêtent, le pennon s’arrète, l’homme à cheval s'arrête, et se tourne vers la tour. Les clairons se taisent. L’homme à cheval tire son épée.

La tour continue de fumer.

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