LA LÉGENDE DES SI L'ÉTUDIANT
Puissant vieillard!
LE VIEILLARD. Mar.
Il est inaccessible; il garde Son fossé, tient dressé son pont-levis, rega Par les trous de sa herse, et n’a jamais d’enn Sentant le mont immense en paix derrière lui.
$ LA LE BOURGEOIS, regardant à ses pieds.
Le précipice est sombre.
L'ÉTUDIANT, regardant au-dessus de sa on
Et la muraille est haute.
LE BOURGEOIS. r FU
Uni- Mais s'il repousse un maître, admettrait-il un hôte? F3 LE VIEILLARD. LL
Un pauvre, oui. | | ul
L’ÉTUDIANT
Jamais roi dans sa coupe ne but.
LE VIEILLARD
Il vit sans rendre hommage et sans payer tribut. M LE BOURGEOIS. 1
Qu'il est heureux! Hélas, les impôts nous obèrent. …
LE VIEILLARD. À 1
Mais cela va finir. Les princes délibèrent.
Montrant le revers de la montagne opposé au précipice.
Ils sont là.
LE BOURGEOIS
Qui donc?
LE VIEILLARD
Qui? Notre duc Cyadmis,
Le roi d’Arle, et les deux formidables amis
WELF, CASTELLAN D’OSBOR. 419 Qui ne se quittent pas, — l’un maudit, l’autre frappe, — Othon trois, empereur, et Sylvestre deux, pape. L'ÉTUDIANT.
Qu'importe! le rocher est fort, Welf est viril. Welf ignore la peur, mais connaît le péril.
LE BOURGEOIS
Aussi marche-t-il droit sur lui.
L’ÉTUDIANT
Pas plus qu'Hercule Il ne tremble, et pas plus qu'Achille il ne recule.
LE BOURGEOIS
Robuste, il songe, au bord de l’abime béant.
L’ÉTUDIANT
Une douceur d'étoile, et le bras d’un géant!
LE VIEILLARD
Oui. Mais les rois sont las de voir debout dans l’ombre Le grand ermite armé de la montagne sombre.
Il se penche et leur désigne du doigt une pente qu’on ne voit pas.
Vous voyez bien d'ici cette cabane, au flanc Du ravin, à l'abri de l’aquilon siflant?
C’est là que les rois sont assemblés.
LE BOURGEOIS
Combien?
LE PAYSAN
Quatre.
LE VIEILLARD
Ce burg les gêne. Ils ont résolu de l’abattre. C’est dit. Pour vaincre ils ont leurs troupes et leurs gens, Et le dépit amer, force des assiégeants.
LE PAYSAN
Le castellan va-t-il enfin livrer passage, Baisser le pont, céder aux rois?
LE BOURGEOIS
PA 4 à
L’ÉTUDIANT
Non, sil est grand.
LE VIEILLARD
Il est sage et grand.
L'ÉTUDIANT, montrant la tour.
AE ma Tiendra ferme, ayant Welf tout seul pour g;
TR Il mettra ses chaudrons sur de la braise arden OR
Et saura leur payer, va, ce qui leur est dà De poix bouillante, d’huile en feu, de plomb fo
LE PAYSAN
Certes!
L’'ÉTUDIANT
Et l’on verra si leur peau s’accoutume Au ruissellement large et fumant du bitume.
On voit une fumée sortir du i haut de la tour.
LE VIEILLARD
Tenez, précisément! Il allume son feu.
Voyez-vous la fumée!
L'ÉTUDIANT
Il va jouer son jeu, Faire sa fête, offrir la bataille. LE BOURGEOIS.
Posture D'un héros!
LE PAYSAN
Je veux voir la fin de l'aventure. .
WELF, CASTELLAN D’OSBOR. 421
LE BOURGEOIS
Nous, en voyant venir des princes, nous fuyons Devant ce flamboiement de sinistres rayons;
Welf les brave.
Montrant le burg.
C'est beau, cette porte fermée.
L'ÉTUDIANT
D'un côté ce bonhomme, et de l’autre une armée!
LE VIEILLARD
A lui seul il est grand comme une nation.
D'ordinaire, tout est dans la proportion,
Et le petit est grand près du moindre, et l’arbuste, Si vous le comparez au brin d'herbe, est robuste. Mais Welf dépasse tout. C'est un dieu.
On entend une fanfare de trompettes.
LE BOURGEOIS
Les clairons!
Silence! Où sont nos trous dans les rochers? Rentrons.
Tous se dispersent de divers côtés. Entre une troupe de valets de la lance avec de longues piques. En tête les clairons.
Puis un gendarme portant un pennon de guerre.
Derrière le pennon, paraît un homme à cheval entièrement couvert d’une chemise de fer à capuchon, et ayant sur le capuchon une couronne ducale. Les soldats s'arrêtent, le pennon s’arrète, l’homme à cheval s'arrête, et se tourne vers la tour. Les clairons se taisent. L’homme à cheval tire son épée.
La tour continue de fumer.