LES SOLDATS
Nous l’avons! CYADMIS.
Le sauvage est pris! Gloire aux drapeaux esclavons!
Accourent les bourgeois et les paysans du commencement. Ils se groupent autour de Welf prisonnier.
LE BOURGEOIS
Tiens, il s'est laissé prendre, Imbécile.
LE PAYSAN
Une grive Prise au miroir.
LE BOURGEOIS
Tant mieux.
IMPRIMLRIE NATIONALE,
LE VIEILLARD
Oui. Vive le duc!
L'ÉTUDIANT
Vive Le roi!
LE BOURGEOIS
Vive le pape!
LE PAYSAN
Et vive l'empereur!
LE VIEILLARD, regardant Welf garrotté.
Je le croyais plus grand qu'un autre.
LE BOURGEOIS
Quelle erreur!
Il est petit.
LE PAYSAN, au bourgeois.
Il n'est pas plus grand que vous n'êtes.
LE BOURGEOIS
Quelle idée avait-il de défendre les bêtes?
Les hommes, passe encor.
LE VIEILLARD
Tout au plus.
L’ÉTUDIANT
C’est un fou.
LE VIEILLARD
S'amuser à monter la garde au bord d’un trou! C'est ridicule.
LE BOURGEOIS
Il est même laid. A tout prendre, Je le vaux. À bas Welf!
LE PAYSAN
Moi, j'irai le voir pendre.
LE POËTE, À WELEF.
Tu fus grand, c'est pourquoi l’on t’outrage. Sois triste, Et pardonne. La foule ingrate et vaine existe,
Elle livre quiconque est par le sort livré,
Et taille d'autant plus qu'elle a plus admiré.
Que ton souvenir reste à la sombre vallée,
Qu'on entende pleurer la source inconsolée,
Que lhumble oiseau t'appelle et te mêle à son chant, Et que le grand œil bleu des biches te cherchant
Se mouille, et soit rempli de lueurs effarées.
Si la mer prononçait des noms dans ses marées,
O vieillard, ce serait des noms comme le tien.
Tu fus l'ami, l'appui, le tuteur, le soutien
En haut, de l'arbre immense, en bas, du frêle arbuste; Un jour les voyageurs sur ton rocher robuste Monteront, et, penchés, tâcheront de te voir,
Vaincu superbe, au fond du précipice noir,
Et leurs yeux chercheront ton fantôme sublime
Sous l’entre-croisement des branches dans l’abime.
12 janvier 1877.
Tranquille; on l'emmenait chez lui, la nuit venue, Puis on le ramenait le matin; il était
Comme celui qui parle au tigre qui se tait;
Il fit boire à César son vœu jusqu'à la lie;
Et sa sagesse fut semblable à la folie.
Il parla quatre jours, toute la cour songea, Et, quand il eut fini, l'empereur dit : Déjà!