III, LES TEMPS PANIQUES
...nous tenons Le monde par l'effroi L'univers par le mal qui règne sous nos noms...
Uranus eff rivé, Cybèle eff : : £ :
Chronos est prisonnier, Géo tremble asservie.
Us ont tout abattu. Toute l'ombre eff tombée vaincu : l'ombre implacable
Les dieux ont triomphé. Leur victoire est tombée.
Ils ont peur, et l'on sent que leur tremblement songe A4 vent traître, serpent qui dans les airs s'allonge Aux autans, rauque essaim qui serpente ct s'allonge
qui veille drefe :
Pan se cache, inquiet des pièges de l'éther, parfois d'épouvante
Et qui souvent remplit de trahisons l'éther…
L'Artadie a subi Thèbe adore en tremblant la foudre triomphale..,
, l'orgie aux yeux : ; ? J L'orgueil, la volupté féroce aux chants lascifs.…
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eff pensif; trifle, ..ct Phtos médite; il sonde, il creuse...
L'amoindrifiement pèse l'impuifance Et la défaite est lourde aux fronts démesurés.
I] râle, exa$péré des fers, des clous, des génes.
I/ se tord sous le joug, dans les fers, dans les génes.
Phtos s'indigne du joug, des fers, des clous, des gênes.
Il méprise, indigné, les fers, les clous, les gênes. noir moncean
Il songe au fier passé des puissants terrigènes.
Jadis grands, maintenant brisés, et plus bideux Ils gisent, accablés par le destin hideux..
le vaste l’horrible Le lourd Encelade à sur lui l’infime Etna fumant; sa tombe; en dehors du sombre
C'est son bagne; et l'on voit de l’âpre entassement On ne voit que son pied immobile et sans forme pic de la
Sortir son pied qui semble un morceau de montagne;
Qui semble un bloc tombé de la montagne énorme; Thor est sous l’écueil noir qui sera la Bretagne...
Gès porte l'affreux poids de l' Égypte fatale, Pour avoir entrevu la baigneuse fatale...
Othryx, tous les dieux
Cerbère garde Ephlops, par mille éclairs frappé.
Tybhlops Typhée est au milieu de la flamme pensif.
Ops
es dont l'œil bleu faisait reculer l’euménide, Ont, brusquement
Ont succombé, percés des flèches de l’éther, Subi le guet-apens du fourbe Jupiter.
Sous fe guet-apens brusque et vil de Jupiter.
Les heures en dansant leur jettent l'avenir; accepter L'ordre éternel les semble approuver en marchant; Us ont tout. Dans l'Olympe où rien ne doit finir, Dans l'Olympe où le cri du monde arrive chant; Sans ceffe TECOMIMIENCE Où l’étourdissement conseille l’inclémence.…
Et Jui Phtos, lui titan, lui géant, lui coloffe, L'aspic gliffe, et lui Phtos, litan, géant, colofie, Le rat ronge sa cage; et lui, titan, colosse…
Soudain, le carcan cède...
Tout à coup, sous l'effort.
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Où va-t-il? il ne sait. Les obstacles Qu'importent le possible et les chaos sans nombre,
, sans fond Lui barrent le pafage; il a sous lui la nuit
Le précipice en bas, l'escarpement en haut!
Sans air, sans jour, l'abime où les laves se font, L’abime où tout s'éclipse, où tout s'évanonit,
Fauve, il dépave avec ses ongles son cachot.
Où des Le de feu S'enflent, où des rocs pendent, Il arrache une pierre, une autre, une autre encore;
Où l'air manque, où des eaux bideuses se ANT O8 des fleuves hideux et muets se répandent,
Oh! quelle étrange nuit sous l’univers sonore!
Qu'importe, il s'aventure, il rompt les blocs mal joints 17 se traîne, il se glifte,
Il avance, il serpente, il fend les blocs mal joints;
broie et Pa la roche énorme avec ses cafe en deux la roche énorme avec ses
Il disloque la roche entre ses vastes poings...
17 traverse on ne sait quels espaces Et le voilà perdu sous des amas funèbres, gouffres
rochers, fan IgeS, Remuant les granits, les miasmes, les ténèbres.
17 lignore et s'y plonge I] viole cette ombre et l'abime
Il fouille le néant et le néant résiste.
..Il se tient en arrêt,
, ü descend, — Le bruit ceffe I] écoute, il descend. Tout à coup, le bruit cefie
Guette, sape, reprend, creuse, invente sa route, Plus rien. Il eff au bas du monde. er épaiffe. Et fuit, sans que le mont qu'il a sur lui s'en doute...
U ne sait plus s'il sort ou s’il entre.
Des fentes dans la nuit; il rampe.
morue, étouffant, luttant, râlant, à : , I va. Râlant, grinçant, luttant, saignant, ployé.….
Comme un ver qui s'enfonce aux fentes de la tombe S'enfonce, et l’on dirait un ver trouant la tombe...
tremble, affronte, et descend Ne sait plus ce qu'il fait, s'épouvante S'enivre de la chute et du gouffre et descend.
mystérieux L'horreur des lieux prodigieux, ..La fin de l'être et de l'espoir, 7 l’abime sans yeux, 1L% inhospitalité sinistre du fond noir, La nuit d'où sortira la chute des Sodomes Les lacs noirs Le cloaque où plus tard crouleront les Sodomes.….
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l'universel secret.
Le silence gardant le secret. Arrêtez!
Si l'on voyait l'oubli, c'efl cela qu'on verrait. Plus loin n'existe pas. L'ombre de tous côtés!
Cachots. Blocs étouffants. Néant. Terreur profonde.
Plus bas que les effets et plus bas que les causes, Phtos a devant lui Rien. I] eff au bas du monde.
La clôture à laquelle aboutissent les choses,
Tout finit là. Plus loin n'exifle pas. La nuit
Il la touche, et dans l'ombre, inutile éclaireur, Elle-même ici meurt, flotte et s'évanouit.
Il est à l'endroit morne où Tout n'est plus. Terreur.
Ne point croire à la chute ü . , !
Faire au sort violence est l'humeur des héros...
Et cela, gouffre où son œil pénètre, PS d Û ; Il le voit. C'est vivant, et son œil y pénètre.
Ja vérité.
. ! » ER e Toute cette lumière étant l’éternité.
Plus d’étoiles qu’il n’est mins k Plus d'astres qu’il n’éclôt de fleurs dans la ravine.…
Dans cet efpace, où vont et viennent les saisons, Dans l'étendue, où rien ne marque les saisons, fottent les chaos, où Les siècles s'écroulent, Où luisent les azurs, où les chaos sanglotent >] ) roulent , Des millions d’enfers et de paradis flottent.. P
Et contemple, enivré Et médite, k É ; :
Il subit, accablé de soleils et de cieux …
[Une ombre éblouissante immense, solennelle,
Dans on ne sait quelle ombre inouïe, éternelle,
À travers l'épaisseur d’une brume éternelle, Terrible, et tout au fond de l'ombre, une prunelle!| Tranquille, éblouifante, obscure,
Éclatante, inouïe, obscure,
An delà de la vie immense,
- Dans on ne sait quelle ombre énorme, une prunelle!
De l'ombre du géant, le mont fut obscurci; Il se fit un silence inouï; l’on sentit Que devant ce titan tout devenait petit.
17 Se fit un silence inouï, comme si Que ce spectre était grand, car tout devint petit; se pajer
L'on sentait qu'il allait se dire quelque chose.
Le : < ee :
L'aigle ouvrit son œil fauve où l’âpre éclair palpite…
Fragment qui explique la punition du Titan :
[Sachez, vous tous, comment l'obscurité se venge.
Moi, le titan, qu'on nomme ailleurs l’archange, J'assistais, témoin calme, à la création; | J'ai vu tous les dangers que courait le rayon, | Et je l'ai protégé; j'ai vu la fourberie De l'éclipse rampant vers la terre assombrie. | Pour noyer ce qui chauffe, et tuer ce qui luit, J'ai vu ce que faisait de ténébreux la Nuit,
lugubre et vil Et contre le néant, misérable désastre, Contre l'ombre, jai pris la défense de l’astre. Voilà mon crime. ]
Plan du TrraAN :
[ Le titan avait fait tout ce qu'il avait pu Pour assainir l’éther par les dieux corrompu.
Ses travaux. Ses bienfaits, Jalousie et vengeance des dieux. — Le titan sous l'Olympe. —— Etoufflement. Écrasement. — Ses souffrances (l'abime):.
Au-dessus de sa tête, joie des dieux (la cime).
Le titan creuse sous lui la terre. — Il la perce, parvient en rampant dans le trou immense, jusque sous le globe, de l’autre côté du monde. — Voit tout le ciel.
— Remonte. -— Passe la tête par un soupirail de l'Olympe et crie aux Olynpiens en fête :
- O dieux, il est un Dieu!]