V. LE JOUR DES ROIS
Monçon Le bourg Chagres est là, près de sa forteresse.
vieux pauvre du pont pauvre du vieux pont
Le mendiant du pont de Crassus.… chose La larve qui n'est plus ou qui nest pas encore
cette larve humaine aux triffes JEUX fantôme aux tristes
Ressemble à ce vieillard, spectre aux funèbres yeux...
l'abime.
C'est le squelette ayant faim et soif dans la tombe. où partout on eff proie et vittime l'oppreffion Dans ce siècle où sur tous l'esclavage surplombe...
La foule court, va, vient, pale; , É . A , ; est-il? Rien, ver de terre, ombre; et méme l'ennui.
abjett # infime, an fond de la fupeur
Cet être obscur, infect, pétrifié, dormant.
Immobile, il écoute, entend:l? I] regarde,
Celui qui le voit, dit : C’est l'idiot! et passe ; I] eff vétu d'une Joque bagarde;
Voit-il? Son poil eff gris, sa maigreur eff bagarde;
Son regard fixe semble eAaré par l’espace. …
oisifs douloureux, C'est un de ces vivants lugubres, engloutis.…
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VARIANTES ET VERS INÉDITS
L'ombre qu'il fait attrifle et noircit le . d Là On voudrait balayer son ombre du pavé...
fait son dieu d'un fléau Quiconque voit des dieux dans les loups, les adore.
Voyageons !
.… Partageons!
D'avance partageant Se partageant tout bas le butin qu'ils vont faire.
N'étant pas trop de deux pour ce qu'ils ont à faire.
forcé muraille et citadelle, Après avoir rompu le mur qui la couronne, Tudèle Brüûlé la belle ville heureuse de Girone.…
Égur Ariscat est le roi d’Aguas….
Masferrer Le roi du mont Jaxa, Gesufal le Cruel...
s'efface en Et Teruel se tord dans un flot de ténèbres.
Masferrer sur Les monts Le fort que sur un pic Gesufal éleva…
.….€t ce merveilleux golfe Qui vit tomber Icare et s'envoler Où tombe Phaéton et d’où s'envole Astolphe.
C'eff Masferrer, qui rit du rire des Gesufal est ce roi, gai comme les démons, Et qui dit à la plaine ouverte sous les monts Qui disait aux pays gisant au pied des monts, Sol lugubre Pays fatal Sol inquiet, tremblant comme une solfatare..…
Je suis le roi qui danse et qui lève la main
Dansez, peuples! j'ai deux royaumes dans ma main...
mère mère L'enfant cherche la femme et la femme l’enfant.
Le laboureur, ayant la peine, eff économe.
La plaine est ouvrière et partant économe.
alcades
Les pays plats se sont humblement excusés…
L’atroce aventurier toscan Travamala, L'ombre de Dios Gil,
Blas-el-Matador, Gil, Francavel, Favilla..….
Et chargés de butin, joyeux, fiers, ° Lourds de butin, le long des chemins saluant
sé
no
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Sur le chemin les Chriffs
Les images des saints que les passants vénèrent, forts crénelés Vers leurs châteaux des monts
Vainqueurs, sanglants, joyeux, les rois s’en retournèrent.…
Fos Chaque bande, gagnant Ref, Urgel, Tolosa, Dans des directions diverses, s'enfonça, Dans des direétions diverses s'enfonça.
Ceux-là vers Roncevaux, ceux-ci vers Tolosa.
Et Jes princes Les montagnards disaient...
un pirate comme une barque
Ils rentraient dans leurs monts, comme une flotte au havre.
ardente de Xérès Pancorbo, la bataille illustre de Givrez.….
Lerme Gor, où le Cid pleurait de voir le jour finir...
terres qui sont par delà le, Xénil Dans les pays qui sont entre l'Ébre et le Gil...
Les filles de Bernard Les infantes d’Irun, Payenne et Manteline.…
sous la grêle des flèches, Mais, s'il parle du Cid vainqueur, bravant les flèches...
le coloffe à terre un tas de nains Sur Achille tombé les myrmidons ont erû..
Est-ce en effet l’oubli que l'exil? une gloire ME TU LEE IA L’exil, est-ce l'oubli vraiment? une mémoire l’histoire?
; : , De Re Qu'un prince étouffe est-elle éteinte pour la gloire?
Däant aux étrangers : Entrez chez nous, voisins
L'homme dit aux passants : Entrez, les bienvenus! L'homme ouvre à tous sa main et sa maïon,
Pour un petit enfant qu’elle allaite, la femme N'allaite qu'un enfant et montre ses deux seins.
Montre superbement deux seins de marbre nus.
Leurs filles, qui s'en vont laver aux cressonnières, S'enfonçant à mi-jambe
Plongent leur jambe rose au courant des ruisseaux, Sont, dans leur gaîté pure et leurs vives manières,
On ne sait, en entrant dans leurs maisons tanières Si belles qu'elles font becqueter les oiseaux.
Si l’on voit des enfants ou bien des lionceaux.
VARIANTES ET VERS INÉDITS. 57
Le Cid est le récit Page 211. Il est l'auguste ami du chaume et du grabat.
Barcelone !
Page 212. Des tours de Pampelune aux clochers de Cadix.
Ils content que le Cid cause et rit avec eux. Page 213. Dans un beau train de guerre et de chevaux fougueux, Jayme Don Santos traversa leurs villages, superbe.
Santos marcha trois jours dans la plaine âpre Don Santos traversa la plaine vaste et rude.
On dit de vous : — Rodrigue a le front Page 214. Don Ruy, ren se plaint : — Le Cid est dans la nue.
l'homme de don Alphonse Vous n'êtes qu’à demi le champion Vous n'êtes qu'à peu près le serviteur d'Alphonse.….
le vrai serviteur donne tout à Puis, celui qui sert bien donne tout à
Qui s'arrête en chemin sert À demi son maître.
I we réserve rien, toujours prét, Le vrai soldat fait tout, prêt toujours, toujours là.
Jamais d’un vain scrupule un preux ne s€ troubla..
Un mot de temps en temps vous échappe, et Page 215. Tel mot qui par moments tombe de vous, fatigue.
Ne prenez point en mal cela Je ne dis pas ceci pour vous, Cid redoutable.
Notes sur le Cid :
[Les acclamations du peuple le suivant, En peu de temps il fut le Cid incomparable,
Car quel homme admiré ne devient admirable?]
[Une des deux épées du Cid, Collada, portait sur un côté de sa lame : 87! Sr! et sur l’autre : No! No!
C'était la nuit.
Des voix disaient, parmi des cliquetis de glaives : — Faut-il forcer ce mont aussi pu que les rêves, Se ruer, lance au poing, sur ce nid de vautours, Monter avec les mains, sans échelles, aux tours ? Faut-il, un contre dix, attaquer cette ville, Et, ne fut-on que trente, ignorer s ils sont mille? — Ttendt une épée alors répondre : Oui.
Et je fus d’un éclair de bataille ébloui; Puis les voix, rugissant dans une ville en flammes, S’écrièrent : — Faut-il tuer ce tas de femmes?
Et j'entendis l'épée immense dire : non.
Je reconnus le Cid qui passait.
Compagnon, Lui criai-je...] -
(Autre titre : LES ORGUEILS.)
Smyrue, Troie, Eleusis, Thèbe, Argos, Page 218. Et je suis l'idéal. Troie, Argos, Sicyone...
Et Jes peuples viendraient consulter mes devins,
Mes oracles feraient les hommes soucieux; j'aurais des orfèvres divins,
Si j'étais Cos, j'irais forgeant les durs essieux.
. LEE . - Si j'étais Olympie en Elide, mes jeux jouteurs Méleraient Les héros dans un sable orageux, Noueraient et dénoneraient Les Montreraient une palme aux lutteurs courageux,
Atalante en fuyant me jetterait ses pommes, sorciers Mes savants lutteraient avec mes
Les devins combattraient chez moi les astronomes.
la nuit tombe ou que l'affre ; Ayant, que l'aube éclate ou que le soir décline...
l'art, moi, [ls sont l'effort, je suis le miracle.
m'enviant Page 219. Corinthe en me voyant pleure, et l’art ionique...
Quelque être eftil difforme ou bideux, je ignore. La pierre est dans la terre; Âpre et froide, elle ignore. P ; 3
Mon unité païsible eff sœur de la vertu; AT Page 220. Ma symétrie auguste est sœur de la vertu...
.. mon fronton Cécrops, Page 221. Pense comme Thalès, parle comme Platon, Mon portique serein … Magique divine anguste À la vibration pensive d’une lyre.…
...je suis
Le temple
portique de Le porche Le blanc palais de l'aube et l'autel noir des nuits;
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VARIANTES ET VERS INÉDITS
gracieux Le matin, je souri, rayonnant » À . . 1]:
Quand l'aurore apparaît, je ris, doux édifice.
Quw'Euterpe au front riant n'a la peur de Minerve Que Calliope n’a la crainte de Minerve.
Étant chef-d'œuvre et temple, et deux fois adoré, J'entends autour de moi les peuples s’écrier : Je tiens par l'art sublime et le culte sacré Tu nous fais admirer et tu nous fais prier; céleste À celte terre où luit mon divin Acrofère; Nos fils t'adoreront comme nous tadorimes, Je suis une Slendeur et je suis un myffère.
Chef-d'œuvre pour les yeux et temple pour les âmes!
le monde Gloire! en l’épouvantant elle éclaire la terre; crime deuil il fut ombre et myfière eff il fut semblable à l'onde,
Son lit fut formidable et son cœur solitaire...
.… Et nous, les arbres sombres, et reverdis toujours, Grandissons, rajeunis sans cesse et reverdis, un bouquet
qu'elle posa comme un vase sur des tours comme un nid Sur des tours,
Nous que sa main posa sur ce sommet jadis...
allant et venant qui bouillonne Pleine d’un peuple épais qui roule et tourbillonne, de seuil en seuil Et de pas et de chars par des buffles traînés.…
L’äpre éclair de midi feuilles Le rayon de midi dans nos fraîcheurs s'émousse. .…
dômes , biliers, Et nos blancs escaliers, nos porches, nos arcades.
bosquets Sous nos abris sacrés, nul bruit ne les troublant, S'abritent la perdrix,
paferean, Vivent le martinet, l’ibis, le héron blanc...
frémifiantes palpitantes
L’air ride nos bassins, inquiètes baignoires…
berceaux chambres Nos taillis ont été les parvis et les salles...
s60 LES MANUSCRITS.
Pélops eft grand, Minos eff grand, Memnon Page 225. Une troisième voix dit :
Rhamsès Comme Typhon cent bras, Cyrus a cent batailles.
Et rien ne me fera crouler, moi, son palais, Page 226. Je suis le deuil triomphe et le tombeau palais.
speëtres de pierre, épars, portent Où des colosses noirs rêvent, portant des urnes.
Mon sourcil co ique au tremblement ; : ; Page 227. L'angle de mon sourcil touche à l'axe du monde; L'autan vers moi se tourne
La tempête me parle avant de troubler l'onde...
que craint le Styx, que l'aube J'ai sur mon front, que l'aube en reculant adore...
ténébreux et difformes, Les siècles, partant l’un après l’autre, s'en vont...
L'oïean fait dans mon sein son nid mélodieux an$ière rit aux nids
Mon temple offre son mur au nid mélodieux.…
dans l'hymne, par l'ombre et par l'aqur Quand, dans le saint pœan par les mondes chanté. |
lumineux, sombre, vañte, et Mon crâne plein d’échos, plein de lueurs, plein d'yeux...
La vague haletante on le fot aplani f4 Page 228. Le bruit du gouffre au chant de l’azur réuni.
Et pour faire écumer les Et pour démuseler les
Que seul je mets la bride aux bouches des fléaux, Le 75 eff ma bête
Que l’abîme est mon hydre…
Leur rayonnement calme emplissait l’éther pur Dans l'abime sans borne elles brilaient sans nombre; Où, le soir, le grand char du soleil roule et sombre.
et l’âpre houle et le rude aquilon Se mordaient et burlaient dans un noir Se tordaient S'attaquaient dans un blème et fauve tourbillon.
s'arrachant les cheveux sur les Page 229. De femmes se tordant les bras le long des grèves; Et des marins perdus on entendait les On entendait crier de lamentables voix...
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VARIANTES ET VERS INÉDITS
tout au fond de son gouffre, antre Et faisaient sous l’écume, au fond du gouffre amer, l'épouvantable Rire aux dépens des dieux les monstres de la mer.
faisant le jour sur Les abîmes, C’est alors que, des Hots dorant les sombres cimes.…
C’est alors que voulant sauver les matelots, tremblants matelots,
Voulant montrer l’asile aux matelots, révant
Révant, parmi les caps, les brumes et les flots, C'est alors que, révant un phare sur les flots,
Dans son Alexandrie, à l'épreuve du vent,
Ur phare radieux, splendide,
Impofible à détruire, auguste,
La haute majesté d’un phare inébranlable, de lOlympe
A la solidité des montagnes semblable.
Devant la fixité de mes yeux sans sommeil,
Le vrai phare, c'est moi. Rhode est sous mon orteil. Le nord eff nébuleux, l'orient eff vermeil,
Devant la fixité de mes yeux sans sommeil.
Le flux s'en va, le flux revient, 3 » !
L'homme vit, l’océan roule, les matelots.….
écueils, dans l'äpre écume de tes LU re Dans tes fixes écueils, dans tes rapides jeux...
créé pour braver Comme un sage, envoyé pour vaincre le destin, forte , probe Etant la souveraine et grande conscience, Est composé de foi, d'honneur, de patience; D'amour et de courage à laffer L'un affronte les ans et l’autre les bourreaux...
devant moi Le tas tumultuenx farouche et noir
du , Pre, J'ai sous mes yeux l’amas mystérieux des flots.
Et Je flot, qui noya quelque Et le flot, dont le pli roule un pauvre nocher.….
J'exifte.
O flots noirs !
Tais-toi, mer! je serai toujours ce que je fus. lutte future Car il ne se peut pas qu'en ma sombre aventure.
L'airain contient de l'ombre, et sur l'eau, pur Le bronze eff ténébreux, et sur l'eau, vert
Autour de moi, sur l'ile et sur l'eau, clair miroir,
IMPRIMERIE NATIONALE
Tayonner Page 235. L’aube a beau resplendir, je suis le géant noir. Ce vol de noirs oiseaux qu'on nomme les La déroute eMarée et sombre des années...
cieux profonds, le bronze,
Les siècles sont pour moi, colosse, des instants.
qu'exiflera l'être, Tant que poussera l'herbe et tant que vivra l'homme.
ah marin plages Sembleront au passant vers ces rochers venu.
Cieux! je suis Je deuil chañte et Pauguñte malheur; Je suis le marbre, auguste en sa sainte pâleur.…..
Ayant sur fous ses lots de Dierre, au lien d'esquifs, Page 236. Et sur ses lots, jamais par le vent secoués,
Les empires hagards et Les siècles pensifs.
Avait au lieu d’esquifs les siècles échoués.
revenant des cieux faire la guerre, Page 237. Comme si, dans les cieux, faisant À Dieu la guerre...
Les autres visions semblaient diminuées.
Tout fottait sur sa base en ombres dénoutes.…. merveilles
Ces monuments, les sept étonnements de l'homme.
de suis celui qui rampe et qui règne.
[Ze fumier] l'invisible.
Page 238. Je suis le ver. Je suis fange et cendre.
Panthéons, Rhamstïons, voile ses baife Si fiers que devant vous on ferme les paupières, Façades de l'immense orgueil humain, si fières.…
[Portiques, Parthénons, Pyramides, Pirées, Sanctuaires chargés d’astres et d'empyrées…
O prodigieux mur, Vaste enceinte d’Assur,
d'où l'É gypte aperçoit la Chaldée, d’ Ophir où Nemrod mit le titan
Mur où Nemrod cloua l'hippanthrope Phœanthe, ue Ja tour, en pafant, des oiseaux regardée, | Et dont la ronde tour, sous les oiseaux béante..….
[Colofe an large orteil,
Cirque d’ Anthrops le noir Palais de Tentyris où les reines séjournent Palais d'Hyrié, qu'en chante #ne éternelle fête, Si beau que, résistant À l'heure qui s'arrête,
VARIANTES ET VERS INÉDITS. 563
par moments se retournent Si beau que, pour le voir, il fait baifer la tête Page 238. Les chevaux du soleil, cabrés, baissent la tête Les Aux chevaux du soleil!
Pour tâcher de te voir!
Portiques, piédestaux qui portez des figures [Blocs sculptés au burin, ° Au geste souverain, Piédeffaux qu'un monceau de bas-reliefs Et qui du haut des caps, que votre masse encombre, Et qui, du haut des caps , jetez sur la mer l'ombre] Ajoutez à la mer vaste et sinistre l'ombre
Des déesses d’airain.…
Là règne Deylos Page 239. La mer où luit Pylos..
cette âpre solitaire, Soyez comme Babel, âpre, indignée, austère.
Ja , Perse Montez, toi sur l'Egypte et toi sur l’Idumée.…
l'orgueil, le bruit, Page 240. Tout vient à moi, le fait, l'être, la chose triste...
Victor Hugo avait d’abord conçu la réponse du ver aux Sept Merveilles en alexandrins; voici le passage qui concerne Ze Coloffe de Rhodes :
[O statuaire, (Charès) Mets ton géant debout sur le gouffre marin, Fais passer sous le monstre, entre ses pieds d’airain, Les galères entrant dans le vieux port de Rhode. Bien. La goutte d’eau l'use et le vent le corrode, Un juif en chargera neuf cents chameaux demain;
Puis tout cela tiendra dans le creux de la main, vil sou Et nul ne sentira, dans le liard de cuivre,
L'énormité peser et le colosse vivre.]
épouvantable Dans la vale inexpr imable
Page 241. Au fond de la poussière inévitable, un étre.
Page 242. Je suis l’Inconnu noir qui, plus bas que la bête, toute la foule toute la vie
Remplit tout ce qui marche au-dessus de sa tête De ruine et d'horreur, D’angoisse et de terreur.
Page 242.
Page 244.
)2 Page 245.
Je mords le maitre, après sa colère rugie.
Je suis l'extinction du flambeau, toujours prête. César lorgie
Il suffit qu’un tyran pense À moi dans la fête...
Le sombre fil qu'au fond du tombeau
Le fil imperceptible et noir que je dévide Le ciel désert
Ferait l’aurore veuve et l’immensité SES se
O vivants! c'efl à moi que tout vient rendre J'attends. L'obscurité sinistre me rend compte.
L'archer sur l'éléphant, Le prince sur son char,
Le visir sous son dais, le marchand sur son âne, Chefs, peuples, légions, et les rois Familles et tribus, les seigneurs d’'Ecbatane..…
métempsy choses Rayonnez, papillons, dans les métamorphoses.
, au-defious des pieds qui marchent, invisible, Quand sous terre rampant, j'entre dans Babylone, J’entre dans Delphe, on Thèbe, on Tyr l'inaccefible, Dans T'yr qui porte Ammon sur son double pylone, Dans Suze où l'aube luit, Lorsqu’entendant chanter les hommes, je me glisse,
A travers J'épaijieur noire, ignoré, caché,
Invisible, caché, muet, dans leur délice...
Vefta comme Sapho, j ’ , , .
Tout, Vesta comme Eglé, Zénon comme Epicure, Tout a l'intuition À le tressaillement de ma présence obscure...
blanc, je bave
Je suis l’intérieur du prêtre en robe blanche,
Dans celte conscience et j'erre en celte cave A Pen?
Je bave dans cette âme où la vérité penche...
L’ orage l'âpre mer Égée L’é ccume me: anquerait à la nef submergée.…
l'onde au cygne, La neige à l’'Athos, l'ombre aux loups.
vont jusqu'à vétir Iblix impoñteurs ; à É ? :
Vos prêtres insensés chargent Satan lui-même...
mener l'homme à Dieu, c'efl en vain que Pour aller jusqu'à Dieu dans l'infini, les cultes, La Chaldée et l'Égypte et leurs Les religions, l'Inde et ses livres occultes
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VARIANTES ET VERS INÉDITS. 565
De l'Inde C4 Par Hermès copiés..…
J'entends l’homme Mon œil guette à travers les félures des urnes.
fleurs, parfums, Je suis. Vous n'êtes pas, feu des yeux, sang des veines, Rire des dents, Parfum des fleurs, granit des tours, Ô fiertés vaines!
anéantir Rome, Pabolir,
Pour te tuer, Ô Rome, Octave a les supplices...
Lyre et clairon, chantez!
Lutte? pour moi; chantez!
Chantez! le marbre entend. La pierre n’est pas sourde...
Le conquérant qu réve, en son char de viéloire,
Tout périt. C’est pour moi, dernière créature, De Jaifer sur son nom un nuage de gloire,
Que travaille l'effort de toute la nature.
Que Phomme, en
Que le peuple, écoutant leur parole immortelle Et leur enseignement Au pied du mont fumant..
Le pire et le meilleur, le desbote sans bornes,
Les passants, le despote aveugle et sans limites, Oui, les pafants, les voix,
Ceux qui viennent et vont, les multitudes mornes,
Les rois sages avec leurs trois cents sulamites…
Les danses, les chansons, les camps pleins d’ L'usurier froid, l’archer habile aux escarmouches…
temples, dieux, lois, Tout m'appartient. À moi symboles, mœurs, images, Et ce monde de roù, À moi ce monde affreux de bourreaux et de mages...
Qu'on me donne Alexandre, afin Arrive, Sésostris, #
z 01 : ES c Dieu me fait Sésostris afin que je l'habite…
Haut et bas, Grand, petit, à moi tout!
Faible on fort, à moi tout!
À moi tout! à toute heure, et qu’on entre ou qu’on sorte! SA
Je suis l'être à qui songe, en À moi le condamné dans sa lugubre loge!
Le bléme condamné qui regarde Il regarde effaré les pas que fait l'horloge, Fañant de sombres pas; Et, quoiqu'en son ennui
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VARIANTES ET VERS INÉDITS
Qui m'arrivait Je soir.
EF son bonjour chantait.
N'est pas plus souriant.
Son 70 était Je Lys, sa chair était la rose; Elle était la plus belle et la plus douce chose! Elle était Ja plus belle et la plus douce chose Son âme était le lys, son corps était la rose; QW'ait vu mon œil en pleurs Son chant chassait les pleurs.
Je te la rends; reprends, sous la mort qui la convre, Cette rose du fond du tombeau, viens la prendre, Cette rose du fond de la tombe, qui s'ouvre
Je te la rends. Reprends, jeune homme, dans ma cendre,
Dans mon fatal sillon, cfreyable s'amafe, Cette fleur où ma bave épouvantable brille, D Aeos Et qui, pâle, a le ver du cercueil pour chenille...
La mort, interrompant une nuit insensée,
Elle est morte, — et c'est là ta poignante pensée, Te l'a prie, et ref là ta poigrante pensée;
Au moment le plus doux d’une nuit insensée.
creux ct détruit, Son flanc, mon noir séjour.
Ses dents de perle, où flotte un Viens, couvrant de baisers son vague rire horrible, Dans ce commencement d’éternité terrible Viens achever ta nuit!
Finir ta nuit d'amour!
La tombe eff dans le nid.
Le cœur humain veut tout,
On brille, on reSblendit, on monte; il faut descendre; bonheur,
Prend tout, l'or, le plaisir, le ciel bleu, l'herbe verte...
Et c'eft, Ô noirs vivants, par nue chute en cendre subitement
Et dans l'éternité sinistrement ouverte ue la fête finit.
Se vide tout À coup.
Le lion mort attire un nHage de La mort du grand lion est la fête des mouches.
L’'infusoire s !
Le nain partout béant…
Voyez, l'aérolithe Regardez l'abbadir et voyez le bolide.
Cyrus Le zodiaque ardent que Rhamsès a beau mettre
VARIANTES ET VERS INÉDITS
ce bois d'où descendit
Page 266. Ils sont près d'Ernula, bois où le pin verdit,
Page 267.
Page 260.
Page 270.
Page 271.
Pélage qu “aujourd'hui Ja PT grandit Où Pélage est si grand, que le chevrier dit.
Terrible, il éclaira du
Il put voir et compter, du haut de la montagne hiboux sarrasins
Les maures ténébreux jusqu’au fond de l'Espagne.
Le ravin ef hideux.
L'endroit est désolc, les gens sont triomphants.
Ordoño : Arias Rostabat le Géant, Materne le Féroce, Pancho, Jayme,
Blas, Ramon, Jorge, et Ruy le Subtil, leur aîné.
Ce tas de demi-rois discute et Ce ramafi d'infants presque rois Cette collection de monstres se concerte.
Er fa moments, on Voit Son pauvre Corps qui âille, et par moments ferme les yeux, et tremble.
le danger vient fièrement C'est que, si l’affront vient À notre choix s'offrir...
..et je promets
Ma tête, D'y croupir si quelqu'un, dans ce qui m'environne,
De donner aux Pouviers qui sont dans la prairie Me montre un capuchon d'où sort une couronne.
Tous mes états d'Algarve et tous ceux d’Asturie..…
.. Don Ruy, le chef des trahisons, L'aîné, Ruy le sb, dit : — Ce serait très sage. Froid, se parle à lui-même et dit : Cette mesure
Ur reflet de caverne Une lueur d'enfer éclaire son visage.
Aurait ceci de bon qu'elle serait très sûre.
Deux fautes :
Une faute : on n’a point fait garder le passage. Et l'enfant eff toujours détaché.
O don Ruy le subtil, à quoi donc pensez-vous?
.. Que je meure
ue lui mets pas tout l ‘exploit Sous Les JEUX. Si; je lui cèle rien de ce qu’il veut savoir. Je suis très content, moi, d'avoir un curieux. Devant moi d'ordinaire et dès que l’on croit voir...
J’étalerais mon âme à Dieu, vint-il lui-même MIENACEr
Me sermonner r Li .
Minterroger du haut des cieux.
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LES MANUSCRITIS.
Être seul dans un lieu pareil, c'eft On ne voyage guère en ce val effrayant...
Maïs nous sommes des gens hospitaliers et doux. À US ï Nous sommes des seigneurs bienfaisants et très doux...
Reutre? simplement dans la plaine.
Allez-vous-en. Parfois la montagne est malsaine.
L'absurde eff périlleux dans L'ineptie eff fatale à
L'enfantillage nuit à la chose publique.
Seigneur Bref, sire, Irun Voici : Leso n'est pas une bourgade vile.…
Roland s'adosse au tronc robuste d’une yeuse, Santos monte à cheval, s'élance, et tombe mort. Criant : «Défiez-vous de l'épée. Elle mord.
Les pauvres petits flancs : ; À Toute la pauvre chair de l’enfant misérable.
Je vous plains.
Arrière.
Le vol fulminant effrayant agile Que protège le cercle immense d’une épée.
ns mélée !
maffacre !
Cris de rage; à carnagel à terreur!
Le sait-il£ [l'lutte.…
tourbillonne et se tord dans
Le héros sous son pied sent onduler leurs nœuds dans les replis
Comme les gonflements d’un dragon épineux .…
Je vois le bien, madame, Je suis meilleur, madame, Je me sens bon, madame, et je jure O mad: Marie! Ô Jésus! à madame ari£! O JESUS: à genoux vous, et devant votre fils, mort pour nous, Devant le crucifix où vous saignez pour nous...
Le cheval de Roland entendit ces paroles, Ef dit : Vous avez bien parlé, mon petit roi. Leva la tête, et dit à l'enfant : C’est bien, roi.
LAS .….frémissant combat étrange corps à corps rare De ce défi superbe et sombre.
Page 287.
VARIANTES ET VERS INÉDITS
Les bandits hésitaient et n'osaient avancer; Ce qui n’empéchait pas Roland de s’avancer;
Is frémifaient de voir Roland Les bandits, le croyant prêt À recommencer.
Fragment sur Durandal :
Page 288.
Page 289.
Page 290.
Page 2917.
[.. Durandal était fée; Elle pouvait se rompre en un combat sanglant, Pour que tout füt égal entre un autre et Roland, Mais elle renaissait. Après l’avoir laissée Sur le champ de bataille en vingt morceaux brisée, Le lendemain matin Roland la retrouvait En s’éveillant, pendue au clou de son chevet. Et la lame brillait, tranchante, C'était sa Durandal splendide, aiguë et dure, Et l’on n'y voyait point de trace de souillure Ayant été refaite à la forge du ciel. ]
(Autres titres : LA LÉGENDE D’EVIRADNUS. — L'AVENTURE D'EVIRADNUS.)
quelque chose en est dans son ombre < $ 3 Et jusqu’à son oreille un mot est arrivé...
Sandor D ÉPREr :
Il rejoint l'écuyer Gasclin, page de guerre.
12 eff vieux, Mais pourtant, c'eff toujours le méme homme,
Mais c’est toujours celui qu'entre tous on renomme...
Son large front refemble au front de
Quand il songe et s’accoude, on dirait Charlemagne.
, Agnès Cid Il défendit Alix comme Diègue Urraca…
IL veillait, il vengeait.
Tel fut Eviradnus.
Eviradnus
Sa grande épée était le contre-poids de Dieu.
Juda Roland
Il s’est, comme Baudoin, ceint les reins d’une corde.
La ronce, le chardon, l'ortie et le houx noir, Le lierre, le chiendent, l'églantier sauvageon,
77An0IT Font, depuis trois cents ans, l'assaut de ce donjon.
La ciguë en verdit Hs x ; L'épine sur son deuil prospère insolemment.…
572 LES MANUSCRIIS.
Le colofe la muraille
Page 292. Tous les monstres sculptés sur l'édifice épars.
l'échanson royal Page 293. Et l'huissier du palais, avec des cuisiniers.
qui vinrent Page 294. Et de tous ces seigneurs des rocs et des forêts Détruire on protéger,
Bordant l’Europe au nord, flot d’abord, digue après.
approche du burg durant Page 295. Nul n'oserait entrer au burg cette nuit-là.…
fée a du haut de l'azur apporté Page 296. Une reine n’est pas reine sans la beauté. Deux sceptres à Mabaut, le sceptre et la beauté. C'est peu que le royaume, il faut la royauté.
Tout un ténébreux monde Toute une Europe obscure autour d'elle se creuse...
Aïrolo Comme l’arc-en-ciel rit entre l'ombre et la pluie...