XIX. WELF, CASTELLAN D'OSBOR
Et Jui, silence! ab! quel fier
. Quel fier dédain! quel rude compagnon!
Ab! ! c'eff un vaillant! Certe!
Compagnon de personne.
chevalier le défenseur l’altier gardien
Il est le protecteur d’un pays inconnu.
Prét à jeter l'éclair de ses regards
Il guette. Son regard a des éclairs funèbres ee
Pour quiconque oserait attaquer ces ténèbres.
Si quelque agrefeur vient, il surgit tout à coup, Il se tient là, barrant le chemin, rassurant
I barre le chemin, refle en debors de tout; La forêt, le ravin, le rocher, le torrent...
L/s sont d'accord, C'est dit. Pour vaincre, ils ont leurs troupes et leurs gens,
Et le dépit amer, force des assiégeants.
En variante À ces deux vers, venaient, dans le manuscrit, six autres wers
présentant un développement inédit; Victor Hugo les a biffés, sans doute,
à cause du dernier hémistiche qui escomptait l'effet final :
Ils sont en force; ils ont leurs troupes et leurs gens; Et chacun d'eux propose aux autres assiégeants
Sa machine de guerre; on cherche, on se consulte; Le duc offre l'assaut; le roi, sa catapulte,
Page 421.
Page 422.
Page 423.
Page 424.
Page 425.
Page 427.
VARIANTES ET VERS INÉDITS
L'empereur une tour au dos d’un éléphant Avec une baliste, et le pape, un enfant.
C’est beau.
C’est un héros!
Mais Welf dépasse tout. C’est un dieu.
de raser ton vieux mur, J'aurai bien vite fait d’écraser ton donjon.
Prendre un burg dans ma main comme on cucille un fruit mér, Cueillir un burg ainsi qu'on sarcle un sauvageon.…..
On ne sait quoi d’informe Lo : 7 Une baraque informe au fond d’un noir fossé.
Les odeurs d'Arabie et les délicatesses
D'Égypte, d'Affyrie et d'Afrique, et ses tours,
De l'Asie, et telle est la beauté de ses tours Fières,
Qu’elles attirent l'aigle et chassent les vautours.
Te heurter T'attaquer, toi vicillard, j'en serais bien fâché.
Je t'offre dans ma ville allemande et latine Rends-nous ton burg.
Arles t'attend. Je t'offre en ma ville latine...
soleil .…Je t'offre le midi.
des lys dans un jardin vermeil.
Tu cueilleras la rose et le lys d'Engaddi.
Bohême Je t'offre la Hongrie, un royaume. Veux-tu ?
Je suis l’homme de blanc vétu.
Moi, j'ai les clefs : La force est moins que la vertu. Deux mains jointes font plus d'ouvrage sur la terre
chefs d'armée tous les glaives nus et tous les chars de
Que tout le roulement des machines de guerre.
Il à l’essaim de guerre et j’ai l’essaim du miel. ! . , Le grand César ne peut rien donner d éternel.
Princes, vous êtes ceux qu'on nomme avec des pleurs La terre sait vos noms et les mêle à ses pleurs.
Toi, le duc, tu meurtris le peuple; toi, le roi, Le genre humain subit le duc, souffre le roi...
[Si je vous parle ainsi, c’est que j'ai mes raisons.
Rien n'ose croître, et rien n'ose aimer. Moi, je suis Je suis l’homme pensif qui vit loin des maisons.
Un spectre en liberté songeant au fond des nuits. Je suis l’âpre habitant des hautes solitudes. ]
Vous tes des héros faisant des faits célèbres.
Page 427.
Ces quatre vers inédits se rattachent au développement qui précède :
Page 428.
Qu'est ce que j'ai? Ce vent que nul frein LE | : x On trouve dans ces monts l’air que rien nasservit…
...Je crois O Loups! mes bons vieux loups, ce désert où nous sommes [Le pape a des bourreaux. Christ avait des apôtres] Je hais tes patenûtres En Dieu. Prêtre, entends-tu? Quoi! ce bois où nous sommes, Va-len, pape! tu n'es qu'un roi comme les autres. Tente les rois! Les rois n’ont pas assez des hommes!
[Il ne leur suffit pas d’être, c'est pourtant beau, Des bandits, et de faire à la gloire, au tombeau, Courir les légions, qui sont des populaces.
Il leur faut nos rochers, nos sapins et nos glaces. |
Sachez vous contenter
Ab! vous êtes génés de voir un chevalier
Mais contentez-vous donc, compagnons couronnés, Dans la claire-voie 4pre et sombre du hallier.
De ce tas de vivants que vous exterminez!
Ces vers inédits continuent l’invective aux rois :
Page 432.
Page 436.
[Et vous osez venir parler aux gens de bien, Rois ivrognes, ayant sur vos bottes rougies L'éclaboussure immonde et vile des orgies!
Je défends contre tous les bergers innocents; Je couvre de mon corps la farouche montagne, \ » 2 \ Je protège l'enfant que sa mère accompagne, La cabane humble et douce aux portes sans verrous, Et les pâtres chantant dans la Aûte à six trous Faite avec un jonc creux bouché d’un peu de cire.]
sécher Je voudrais me chauffer devant la cheminée. .…
Entre, J'ai de quoi faire un nid dans Le burg sera ton nid comme il est mon repaire.
LE POËTE À WELE.
allier, pensif, l'homme augafle, altier, sacré, ? A comprend peu l’homme Âbre et démesuré,
Elle livre quiconque est par le sort livré...
Calme, tn Dratiquas ceïle maxime augusle.
Un jour les voyageurs sur ton rocher robuste Que cela soit poffible ou non, fais ton devoir. ‘ Monteront, et, penchés, tâcheront de te voir,
VARIANTES ET VERS INÉDITS. 599
L'homme seul sous Les cieux peut étre un afre noir, Page 436. Vaincu superbe, au fond du précipice noir, Les papes et les rois rayonnent les ténèbres; Et les yeux chercheront ton fantôme sublime
l'aube pure T4 mélas un feu Dur à ces clartés funèbres.
Sous l’entre-croisement des branches de l’abime.
sept
(Autres titres : LES REPROCHES DU VIEUX PISAN. LA TRISTESSE D’ELCIIS.)
Ferrare?
Page 437. Vérone se souvient d’un vieillard qui parla Sept jours durant, au sombre héritier.
Pendant quatre jours, grave et + seul, dans la Scala, L'empereur Othon trois homme A l’empereur Othon qui fut un prince oblique. …
aux quatre Coins quatre Ayant sur les degrés du trône douze rois.
sept longs jours Page 438. Il parla quatre jours...
lèvre
[La bouche insulte et ment; et c’est pourquoi, roi d’Arle, Page 439. Pourquoi me pousser hors de l'ombre volontaire?
Je n'aime point parler et je hais qu’on me parle.]
Puisque vous avey vu que je comptais me
Pourquoi faire parler celui qui veut se taire?
, tant que dans la bouche il lui reste
Ro. d'Arles, tant qu'il reste au vieillard une dent,
Faire parler un vieux
Lui faire ouvrir la bouche est toujours imprudent,
Je park, je le Sa, devant des Princes, Sire.
On n'est pas sûr qu'il soit de l'avis qu’on désire.
Cet honneur m'efl venu sans que je le désire;
Vous avez un conseil de ; jeunes hommes, sire,
manière Et, méme vous Drésent, c'efl ma façor à moi,
Fort 2. fort jolis, fort blonds, convenez-en;
Sire, de parler blus à l'homme, et moins au roi.
Pourquoi m'y faire entrer moi le vieux paysan
de la tête anx bicds la rudefe
Que la rude fierté des vieilles mœurs pénètre? eft-on dans la mode
Et depuis quand a-t-on l'habitude de mettre
Aux simarres de soie une pièce de cuir?
Une pièce de cuir aux pourpoints de velours?
Soit. Je parle, ayant peu l'habitude de fuir.
Pour marcher devant vous, rois, mes pas sont bien lourds.
Us étaient d'humeur fière, ardeuts, aventuriers, Page 440. Leur galop rendait fous les libres étriers. f €
Page 442.
Page 443.
Et menaient vivement les besognes de guerre.
Et priaient Dieu tout droit,
Priant Dieu bonnement, comme fait le vulgaire.
captienx, Et dédaignaient l’argot du moine chassieux.…
Choisir l'heure et le lieu leur semblait puéril;
C’est avec la gaîté du rire puéril
Calmes, ils se jetaient
Qu'ils se précipitaient au plus noir du péril; Chacun de ces vailants était une épopée;
Il sortait de leur casque un souffle d’épopée…
Et ces hommes, dont l'âme à toute heure était prête, Ces gens-là regardaient en face la
Et ces hommes, joyeux surtout dans la tempête...
SONLEN TOHBÈ
Vous nous faites frémir et nous vous faisons rire.
Cœur Vous avez l’appétit large, le front étroit.
rares Vos plus fameux exploits et vos plus triomphants femmes qu'on force et des meurtres Sont des dépouillements de femmes et d'enfants, châteaux . places Des introductions dans les pays par fraude...
par adrefe lächement
D'attaquer ceux qu'on a d’abord bien endormis..…
, ingrat, vil, effronté.
Oui, ce moment ef trifle à voir, en vérité.
Je ne vous cache pas que je suis attristé.
Soufleté 1C1! CE Défié par Venise, on regarde Modène.
On peut vous affronter, rois, quoique altiers et Vans, quoique arrogants el vains
Vous pesez le péril, rois. Quoique altiers et vains.…
d'andace où d'onbli Sur le degré d'honneur et d'amour du devoir D'infamie on d'honneur Et de témérité qu'il est prudent d’avoir.
Je vous l'ai dit déjà; tant mieux! je le répète. Vous avez fait sans peine, ô clients des sibylles, Vous avez fait sans peine, 6 sonneurs de trompette,
Marcheurs de nuit, tendeurs d'embüûches, gens habiles,
chétifs d'échine faibles d'épaule
Page 444. Quoique chétifs de cœur et chétifs de cerveau...
VARIANTES ET VERS INÉDITS. 601
Achille Page 444. Davus remplace Alcide, et Thersite Thésée.
Deux vers retrouvés et formant variante :
[Je verrais sans colère, rois, un serrurier,
[Je mettrais volontiers, connaissant vos altesses,
Bâtir, sans oublier de griller les fenêtres,
Rois, entre mon argent et vos délicatesses, ]
Entre vos probités et mon argent, mes maîtres.…..]
l'embonpoint Page 445. Et que l’église ait pris l'allure qu'on lui voit. que dans cefte serre Et qu'aux pattes de l’autre il reste de la foudre. Cette guerre eff terrible L’adversaire est superbe et plaît.
trifle, et l'on a Page 446. C'est hideux; et j'ai honte et peur, en vérité, De /utter dans la nuit contre une larve obscure, D'attaquer une larve au fond d’une masure, Diqgüre.
Et de combattre un trou d’où sort une morsure!
des fils du eff le nœnd central de tout ce
Rome a tendu sa toile au fond du crépuscule.
Les choses en sont là qu'on a pour son argent
d'hosanna pardon
Plus ou moins de pitié, plus ou moins de prière...
La mitre a Por deffous et les perles defius.
Rome a dessous l’ordure, et la pourpre dessus.
La bourse du quéteur pale par les siège : / Page 447. Le saint-père quémande À travers vos barreaux.
faire
Tant pour avoir le droit de penser ce qu'on pense.
Tant d'argent pour entrer, et tant d'or pour sortir.
Dispense dispense
Pcage pour entrer, péage pour sortir; L'ordinaire
Le baptême, c'est tant...
de la prière ’ :
Un marchand sacré vend sa pourriture au mort.
Du mot aimer qw'on gratte, on fait le mot payer; É st, É ere £ Jésus disait : aimer; l'église dit : payer.
Vous applaudit après vos trabions
Page 448. Qui vous bénit après vos guets-apens…
Page 448.
Page 4409.
Page 450.
Page 451.
Dr 4
Page 455.
Page 456.
LES MANUSCRIES-:
corruption Perversion D'où la difformité de la raison publique.
Le prétre eff en travers
On a le prêtre, là, dans le fond du gosier…
Ainsi que l'arcen-ciel la rose FRET 9 Et la monnaie, ainsi que l’astre et le nuage...
Vive Sans rien payer ue l'ours rôde en dehors du fisc...
Les pillages, les dols, et les contorsions !
Ces pillages où Rome à plusieurs portions!
insulte Jächeté provoque et choisit
La couardise appelle au combat la faiblesse!
V’autours eee PA ; Bandits bien crénelés et droits sur leur rempart...
Ah! prêtres fénébreux autour desquels on doute! Ces prêtres qui pour ombre ont derrière eux le doute...
Sycophantes
Traîtres du ciel, à qui l’opprobre profitable. …
Hypocrites pillards, larrons sacrés , malheur! Ah! ces larrons sacrés, malheur sur eux, malheur!
bourreau; Gulfe? c'est un butor; Népi? c'efl un goujat; Le duc Sforce est un sbire; il faudrait qu'on plongeit, I] faudrait que quelqu'un d ponte l'enchafät, Pour trouver son pareil, plus bas que le goujat..
ques Drinces et quels rois que tous ces roi qu'on a! Thomond tua Ranuce; empoñonna
Sixte étrangla T'homond; Urbin extermina É trangers presque tous y 0H BAiard) Montecchi; le vieux Cêsme Cgorgea Gravina.…
Pons qui tient Pignerol, Cosme qui tient Bergame
Paggi
Sforce par derrière
Litta fait poignarder dans un bal à Bergame...
Le duc d'Urbin, fameux pour avoir pris le sac... Guy Jean massacre Borso; Pons dérobe le sac...
J'ajoute que le temps misérable honteux et lugubre
Ah! le siècle difforme et funeste où nous sommes...
vos altefes Dieu sans doute a voulu, Sire, que votre altesse
Page 456.
Page 457.
Page 458.
Page 460.
Page 461.
Page 402.
VARIANTES ET VERS INÉDITS
Courbafent un moment le front sous nos tristeffes. Vit l'indignation qui sort de la tristesse.
qu'aux mauvais jours Je sais que par moments le public devient froid.
Un grand signe de honte du malheur
Le comble de la chute étant l'indifférence.
Roi, tout eff complaïance,
Tous sont traîtres à tous; et la foule se rue dévorer les os des vaincus
A traîner les vaincus par les pieds dans la rue...
Et Ja fanfare suit, misérable, L’applaudissement suit, la chaîne au cou, le crime...
Tous baÿent les talons des grands forfaits vainqueurs ! fe L :
Pas une résistance illustre dans les cœurs!
Caligula, Arndronic Pisistrate, Lanfred, Hippias, Foulques-Nerre.….
Mes aïeux siégeaient an Janicule, : k AE Vous dites : «Devant moi, tout fléchit et recule...
vos prétres Ne vous fiez pas trop à vos grands noms, mes maîtres; Vous flattent; vous mourrez, Car vous seriez frappés, quels que soient vos ancêtres.
Et du Brutus vénère L Se Du Chéréas quelconque on applaudit l'audace.
à Vous, princes moroses »/ ES 4 , . LA L'éternité n'est point dans vos apothéoses. ve
Tout croule; en votre ebrit, ce sombre avenir Au-dessus du palais, buisson de flamme, il flotte.…
..et qw'on eff des vers et des cloportes, ..Ct que rien ne remue à vos portes. D
j'accepterais l'afront; moi, je boirais l'affront’; Que moi, le vieux pisan, je courberais le front.
chagrin ennui douleur
Et j'ouvre avec regret MES vieux yeux assoupis.
VOS HOMS, À vos tours, à vous, sire, et de la quantité indignité.
De mépris qui convient À votre majesté.
Pendant que vous pafez votre temps aux couteaux, embâches, aux coups de dés on de couteaux,
Aux meurtres, aux festins abjects, aux jeux brutaux,
VARIANTES ET VERS INÉDITS
Et lon joue aujourd’hui cet héroïque jeu
De s’insulter beaucoup et de s’attaquer peu, hardiment
D'aiguiser savamment la pointe d'une lettre,
Et puis de s'habiller de velours, et de mettre
Tout le beau de la guerre en plumets fanfarons,
Et toute la fierté dans le bruit des clairons.
Nous autres, nous savions que mourir c'est se taire;
Notre bataille était une mélce austère;
Nous faisions rarement des dépenses d'esprit;
Tout notre style était de notre sang écrit;
Et nous nous préparions aux fêtes de la lance
Par la sévérité tranquille du silence;
Ou quand, poussés À bout, par hasard nous parlions,
C'était avec des cris ainsi que les lions. |
Il faut placer dans la bouche d’Elciis ces six vers inédits écrits à la suite de variantes sur LES QUATRE JOURS D'ELCIS :
Page 472.
Page 473.
Page 474.
{ Sire, tout ce qu'on fait de choses violentes Et lâches dans ce monde abject de toutes parts, félonie Toute la trahison et tout l’outrage épars où Dicu pour nous punir nous mène, Sur cette terre en deuil, que l'ombre a pour domaine, Rattache dans la triste et sombre bouche humaine
Le crachat de Caïphe au baiser de Judas. |